EXERCICE V
Preuve de la providence divine, par le mouvement céleste.
La mobilité des corps célestes ne résuhe pas de leur propre inclinaison, mais elle est le résultat de l'arrangement divin ; or, leurs mouvemeilts sont ordonnés d'après la règle des corps
inCéiienrs, donc, en cette qualité, iis sont soamisè Torganisa^ tioB divine de la ProTîdence , car ce qui est nn et ataUe est supérieur, commç on k voit dans un écrivain de la sainte É^se.
Jérôme Cardan, homme si recommandaUo dans les lettres, et d'un savoir si étendu, que bien peu de choees lui ont manqué pour atteindre la science universelle. Cardan, au dix-septième livre de son traité de la Subtilité, chapitre des Arts, fol. 70B, attaque la majeure de cette proposition, parce qu'il en résulterait qu^il y aurait dans la nature quelque corps naturellement immobile. J*en demande pardon à un homme si pénétrant, mais je démontre que les cieui ne peuvent pas se mouvoir d'un mouvement naturel. Ce qui est mu l'est pour arriver au repos, mais celui-ci est impossible, à moins que le corps ne soit en son Meu , donc le corps ne quittera pas sa place par un mouvement, si déjà il a été mu pour la conquérir; si donc une partie du ciel est mue d'un pur mouvement naturel, elle n'est pas à sa place ; dans le cas contraire, elle ne sera pas mue : elle l'est cependant, donc elle n'est pas à sa place. Mais toutes les parties du ciel; occupent leur place, donc elles ne sont pas mises en mouvement pour occuper le lieu qui leur est propre; il faut donc nécessairement qu^elles obéissent h im mouvement qui ne leur est pas prq)re.
Soit une partie du ciel en Â, s*il n'est pas là en repos, c'est que ce n'est pas son lieu propre; soit donc en 3 ce lieu, mais là point de repos non plus, pas plus qu'en C ; allons en D, où nécessairement le ciel trouvera son point de repos. Je n'irai pas en A, d*où il sort, ce serait le reçhercberi et Von ne re» eiiar«ba pas cci dont on a'âoigiiQ* De [^w, si toutw to paniea
tant «a pbM», ee qui a lieu puisque le tout «ai en «on Ueu, •uenne fraction de partie ne tendra vers un Ueu , ou ne a'en écartera, puisque le tout occupera aa place.
A cette objection, que %ï le ciel n^a pas un moi)vement pra« pve, il y a dans sa nature quelque corps naturellement inun&i bile, je réponds que Tadverbe naturellenent peut être entendu de deux mmières : ou dans le sens d'une nature tnintdligeate, comme le feu pap rapport à sa ferme, ou dans le sens d'une nature nuUe. Je m'explique. Dieu donna aux corps destinés à h génération un mouvement propre à la composition et à la génératicm ; dans ce but, il leur assigna un lieu où il les oon*serve , d'où û les tire, et où il les renvoie : ce sont les (Aé^ ments. Biais un corps destiné h Taotion, et non k la formation d'un objet matériel, n'a aucun besoin d'un mouvement de vénnion, mais miiquement de celui propre à l'action. C'est pourquoi le repos seul est un attribut de tout ce corps; et flomme le repos est la perfection suprême du corps naturel, et k mouvement une perfection intermédiaire, il se meut en vue du repos, et le ciel n'est pas privé de cette perception qui le pousse vers ce qu'il n'est pas. Il n'a pas la forme naturdle du mouvement , mais la forme de l'intelligence volontaire vers le mouvement de perfection.
Cardan nie la seconde proposition au livre ii de la Variété des choses, chap. i ; il prétend même que le ciel est mu pour aa propre utilité, et non pour la nôtre; le but est plus noble que ce qui y tend, dit-il, tout ce qui est sous le ciel est moins noble que lui, et n'en est, pour ainsi dire, que Texcrément. Le ciel a donc pour but, en se mouvant, non la conservation des corps sublunaires, mais la sienne propre. Selon moi, c'est le contraire qui est la vérité, car si les cieux se mouvaient pour eux, ils tendraiait vers un but qui leur serait propre, le repos, comme nous le voyons pour le monde sublunaire, et non vers fe mouvement, qui n'est qu'une imperfection, comme le moyen comparé au but. En outre, ils ne rencontrent aucun avantage pour eux, car toutes leurs parties se bornent à être distantes éa centre du premier mobile, le monde. Jedemui-
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derai eneore à Cardan pour qui sont créés les alanenls» les habitations et le reste. Pour les animaux , sans doute. Qui a créé toutes ces choses? Dieu. Qui est près de Dieu et avec lui? Lescieux. Qui les a créés? Dieu. Quel est ranimai le plus noble ? L'homme. Donc c'est pour lui que les cieux se meuvent* c'est pour l'homme qu'il y a des cieux. A ces considérations se joint l'autorité de toute l'école du maître. Celui-ci, en son livre du Ciel, enseigne en termes formels que le mouvement du ciel est arrangé en vue du monde terrestre ; c'est pourquoi il appelle l'homme un microcosme, en son livre viii de la Physique, texte 12, et au livre udumême.ouvrage, texte 2/i : ffaug iommes en quelque sorie^ dit-il, la fin de toute choie; encore^ au premier livre de la Métaphysique : L homme est comme enchaîné à une nature servile. Mais voici un argument ad hominem. Dans tes commentaires sur l'astronomie, tu as eii« seigné, Cardan, que nos actions dépendent des mouvemaau célestes; comment peut-il se faire alors que les cieux ne soient pas faits pour les hommes? Si les astres n'ont aucune infiuence sur moi, je craindrai peu Mars , qui était dans le huitième orbe au moment de ma naissance. £n outre, dans ton traité de la Subtilité, chap. 1 2 , tu t'exprimes ainsi sur la nature de l'homme : L'homme a été créé comme moyen terme entre le divin et le périssable ; mais il ne peut être moyen terme sans deux extrêmes, donc ces deux-ci ont été faits pour qu'il pût être un moyen, donc enfin le ciel et la terre ont été faits pour le moyen terme homme.
Mais Cardan nous dit : Le ciel est bien supérieur au monde terrestre, donc il n'a pas été fait pour lui. Je nie rantécédent. Cardan s'appuie sur l'incorruptibilité de la matière céleste , tandis que la nôtre tend à la corruption, puisqu'elle est destinée au changement.
J'accorde avec Aristote, liv. ixde la Métaphysique» text. 17» et liv. XII, texte 10, que le ciel a la matière, la puissance, et même la quantité et la forme. Là où se trouvent la quantité et la forme se montre nécessairement la matière. Je nie cependant que la matière du ciel soit supérieure à celle de notre monde;
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car, ainsi que je Tai rigoureusement exposé dans mes commentaires sur la philosophie, la matière du ciel n'est pas différente de celle de Thomme ou d'un scarabée. Je ne ccm^ends pas, tant j'ai Tesprit lourd et peu ouvert, comment une matière peut différer d'une autre, si ce n'est par l'arriYée d'une forme qui caractérise un objet, car son essence varie, non pas dans l'être, mais dans la manière d'être. Que si la mati^ du ciel est immuable , la nôtre est également éterneUe et im« muable en essence ; ce n'est pas elle qui est corruptible, mais seulement la forme qu'dle revêt Je pense d<»ic qu'il faut rejeter cette proposition : que la matière tend à se corrompra Rien n'empêche, en effet, que dans une partie de la matière il y ait la forme avec des qualités diverses, et dans une autre partie, la forme sans aucune de ces qualités, car la nature n'a pas destiné la matière à procéder d'abord par le changement et la génération, et d'elle-même, de manière que partout où il y aurait matière il y aurait génération; mais elle avait pour but de donner, dans la substance, une place k la forme corpcHrelle, à la quantité et à la forme : à la quantité, à cause du changement de lieu ; à la ûgure, parce qu'il était inévitable que tout corps fut uni ; la figure n'est en effet que la disposition des limites. Le corps a pour limite la superficie, celle-ci la ligne, cette d^nîère le pcûnt; la figure est leur constitution. Qu'on n'argumente pas du point, car il ne constitue pas la forme, c(«nme la ligne pour la superficie ; ce n'est donc pas définir trop subtilement que dire comme tout le monde : La figure est ce qui est formé par des limites, car il n'y en a pas dans une ligne terminée par des points. D'après toutes ces raisons, la matière première fut créée dans la pensée de Dieu ; la matière seconde, d'une utilité moins noble, fut destinée à la génération.
Mais voici la tourbe des scolastiques qui s'insurge i troupe fort ignorante selon moi, quoique tenant le dé aux yeux des autres. £lle dit : La matière recherche la forme, donc ell^ est corruptible; ce qui le prouve, c'est qu'on ne peut pas désirer une fin sans désirer en même temps les moyens qui nous y conduisent; le moyen est nécessaire pour atteindre une forme
IS oravBBs maiMomoiiis db YÀNim.
nouTeUe, et ce moyen c*est la corruption de la première. Qiids liommefi subtils! Je dis à mes docteurs, et très-sobtileniMif, ipie la nttièra ne recherdie pas de formes, car qui dit ajqpédt Àt privation I w la matière possède toutes les formes, car ces matièras individudles ne sont que les parties de la matière premièra, qui est une. De plus, si toute la matière est sous toutes ks formes, elle ne peut pas les rechercher ; donc toute la bmtière n'aspire pas au changement, mais seulement une partie, eelle-ci ou ceUe^là ; donc il n'y a pas désir essentiel de la part do tout, ni par conséquent de la partie, car la matière première, en tant que matiàrs première, n*est rien autre chose que ses parties I donc enfin les parties n'aqûrent à aucun changement. Nouvelle raison : la matière est toujours sous une forme quelconque, pour quel motif en chercherait-elle? Rejetterait-efle la forme pour chercher la forme? La nature n'est pas extravivante à ce point Des vers sortent de l'homme, mais quel eq^it sensé osera dire que la matière première se plaît à rejeter la forme humaine pour chercher ses délices dans un cadavre infect, en se revêtant de la forme et de l'aspect d'un ver! Il est également faux de dire que la matière de la pierre redierche une forme plus noble, car, d'après le même principe, toute matière serait entraînée vers la forme humaine ou céleste, ce qui est aussi ridicule qu'absurde ; on le prouverai facilement. Ce désir serait inutile, et, suivant Arlstote^ rien ne se fait en vain dans la nature. Déplus, en cherchant une forme meilleure, la matière ne désii*erait qu'une forme ; mais déjl elle la possède, car une certaine partie de la matière en est revêtue. Une partie en combat-elle une autre qui lui est homogène? La matière première est seul être, comme, par exemple, une masse de cire dont une partie a la forme d^une bougie, une autre d'une statue, celle-ci d'un dé, cette autre d'une colonne. Mais une portion ne diffère pas d'une autre par l'essence, ni par conséquent des dii^positions qui suivent l'essenee; elle n'en diffère pas non plus par l'appétit, ce serait en désirer la corruption, ce qui aurait lieu en recherchant sa feraM. Ge serait ai outre' aller à la destruction des formes
9Bii»Q«iiMM«i9 98 fmnh M
juifrieaf^, ibI 0B|«t d^ soi^môme; ear eHe m peut \w du 9(!»«em6 «virer à un nuxie meilleur sans travAiUer k la d^truction d'un nuûodre ; car la matière eat pe qu'aile est {lav mi Vbamme n*eat pas Tâiue, Eafio dqu9 voyou», par lea eiaioples les plus frappants de la nature, qu'il n'en eat rien* Be Tânn, vmmA ai utile à Tbouime, naiaeent des frelons, âtrea bruts asauitlment, enuemie du bien-être de rhomme. B» cAmm sortent des fa^; lawatiôre pr^nière brulajt d^un désir extra-t oidînaire de déponiller la forme bumaioe, la plus noble, pwr re?ôUr cdle d'un cadan'e fétide. Que nos adversaires ne di^i stant-ib que le ver est plus noUe que Tbomme l Ce sont là des niisèpes nées de Tignorance, nourries par rentôtement et la sottise. La matière, disons-nous, n'a pas en elled&quoi cboisir les formes. iGelui qui la constitua, établit aussi les formes en désignant à ehaeune sa place dans la matière; celle-ci n'eut pas le désir du ohangement, mais seulement de la perfection. Chaque partie arrive au but sous une certaine forme, et le tout par toutes réunies. Pour cela, il n'est aucun besoin de change^ ment; il n'y a ni perte ni augmentation possibles. Mais ces rêveries ont [nis de la consistance dans les esprits des disputeura cdseni. Je montrerai ici une autre erreur des péripatéticiena et des amlastiqttes. Au livre ix de la Métaphysique, texte 1 7 , les péripatéticiens Fegwdant la matière comme la puissance de conr tndietkm, Font entièrement bannie du ciel, afin de loi laisser Fétoniité. Les scolaatlques, au contraire, qui la regardent avec vaiaen comme eorruptible, attribuent ce mode à la matière. ]|lr« MOT desdenx côtés i la matière a sa quiddité qui la constitue et la disdnguede toute autre cbose; aussi, avec plus d'attention, on peut y découvrir l'action non comme qn mode, mais comme fait sumatuvel, car Pacte est affirmé de ce qui arrive en dehor des eauses ordinaires, c'est-à-dire de ce qui n'a rien qui l'an» nonce, comme en biver, une rose dont l'être est enseveli dans la plante. La matière, en effet, a une différence par quoi elle est matière, et non forme; mais une recberohe plus attentive y trouve Faction, car il est évident que la matière reçoit quelque eheee de h forme, et réciproquement, pour que de cette unien
OBUVRBS PHILOfOPlIOmtS M ▼ANIifeb
m sojet, un en soi; sans cela Funîté résulterait' de la forme seule. £n effet, avant Thymen de la forme et de la matière, Tacte n'est pas encore actuel, il n'est que virtuel, s'il y a puissance dans l'agent; mais s'il se trouve comme dans un germe, il y a dès lors action de la matière sur la forme, et de celle-ci aur la matière, chacune selon sa nature : de même la forme dis* paraît dès que la matière lui manque; or la matière cesse d'être caractérisée par l'absence de la forme. La matière n'a pas d'existence viituelie, puisqu'elle est en soi par essence, mais elle tend virtuellement vers une manière d'être qui résulte d'un autre sujet, c'est un principe de la nature qui s'allie à un autre ; voyez liv. i de la Phys. , texte 52, et partie du Coon^ posé, liv. vil de la Science divine, texte 2, et le liv. i dv même ouvrage, texte 3/i, du Fondement des formes; et an livre V de la Pbys., texte 17, le sujet des Substances matérielles; et de la Cause du composé du même, liv. ii, texte 8 et 28. Mais cette puissance n'est pas relative, c'est une identité absolue. Tels sont les avantages que j'ai opposés aux avor— roîstes. La matière n'est donc pas en puissance, ni l'être de l'objet dont elle est matière, si ce n'est dans les choses corruptibles; pour les autres, elle fournit la quantité, les qualités, le mouvement, accidents qui sans cela existeraient d'eux-mêmes et sans sujet. Âverroès a tort d'avancer, dans son livre de la Substance du monde, que la matière est le sujet des contraires, et par conséquent de la corruption. Elle ne l'est pas nécessai/'ement de tous les contraires, mais de l'oppositicMi seulement, qui 'est selon le lieu ; c'est pourquoi il faut la (rfaoor dans le ciel, puisque c'est là son lieu. Il suit de là que la ma* tière en nous n'est pas apte à tous les changements, elle ne peut pas prendre les formes matérielles et celles qui sont im**. ' matérielles, mais les premières seulement. C'est pourquoi les accidents propres aux contraires ne sont pas dans la matière céleste : on ne trouve rien d'opposé à la quantité et à la forme ^ ce qu'il y a de cette nature ne l'est pas à la corruption , mais bien à la perfection, c'est-à-^ire au mouvement. Je conclus donc qœ si le repos est contraire au mouvement, il l'est <
jmnUSS FHlMMnUQOBS OB TANOn. il
rémeal d*une certaiae manière : il en est de même de toutes les autres oppoaitioDs; donc les philosophes ont nié sans motif ce qu'ils pouvaient affirmer. Nos théologiens, de leur côté, ont avancé une affirmation qui n'était pas nécessaire* Car, pour répondre à cette objection qu'ils redoutaient, que le ciel n'a aucun contraire à qui Ton puisse l'opposer, ils ont affirmé que la matière est dans le ciel, parce que celui-ci doit contenir un principe de corruption : c'est une grande et double erreur. D'abord parce que tout être contingent étant fini est corruptible de sa nature, bien qu'il n'ait aucune matière; ainsi ce n'est pas pour corrompre le ciel que la matière y est {dacée. Gar^ quoiqu'elle n'ait pas son contraire, cependant elle n'est pas sa propre cause, elle peut donc ne pas être. C'est là ce qui constitue le principe de la corruptibiiité pour le tout et les par* ties, mais non le contraire, car ce qui n'est pas un acte pur est composé en quelque façon, et par conséquent destructible ; mais Dieu seul est un être pur, c'est pourquoi le ciel étant, pour les péripatéticiens eux-mêmes, un être dépendant, renferme en lui ce principe de dissolution. Il n'y a qu'un seul et unique être qui existe en soi. Ainsi les théologiens, pour qui un signe de Dieu a produit le monde de rien, et qui le détruira un jour pour lui en substituer un autre, les théologiens n'ont aucun Itesoin de matière comme principe de destructimi : d'abord parce qu'un signe de la Divinité suffira, ensuite parce que si c'était le but de la matière, qui dès lors serait corruptible, où serait son principe de corruption? Nous savons qu'elle n'a pas son contraire. Elle sera dévorée par le feu, mais cet avenir sera dû à un autre feu que le ciel, car le dti ne brûle pas maintenant; la matière n'a pas été destinée à prendre une autre forme. Tout sera nouveau, tout, la matière elle-même. Nous pourrions poursuivre nos déductions plus loin, mais j'ai suffisamment démcmtré que la matière n'a point de contraire, qu'elle ne tend pas à la corruption, et que par conséquent notre matière est aussi incorruptible que la matière céleste. Revenons à Cardan. Le ciel est créé pour le terrestre, qui ne lui est pas. inférieur, puisque tous
dent sont Î6tmd ûe h mtaê tmmr% hicoitiiptiHe. Lé èbtpk htittlaiti, ((dcliqtlé sujet à h déGomposition, n'est pM ttioiltt noUe cftie le corps céleste, pKisqn'il est sodOiii^ à la sabirtince divine qil'oil tlMntne intelligence. Cette préiV)gaiiTé l'emporté biêri sui' celles de simplicité, du lieu et de i^le à i-empllr. SOÈ lËUTrë est plus laborietise et plus admirable que cette eoh^ ti6n. 9i j comme j'éil ai l'espérance, le ciel ëSt la demetite iétWé de I^b(tilitne« je necraiilspasd€i mettre l'hoitiméalti-deâSiii dti ciel. Là inatière du Ciel, inférieure pour Ift formé, n'eccth }>erfl pas lëâ premiers degfés, car, ainsi que ptftisicfiM IW peflséy la forme qui cftraétérise le cld est bien difé^ente dé eelle qtii Itii impriibele fitoureident, c'est-à-dire l'hitëlligerièe. L'hofitiMe, au coùtral^e, n'en a qti'uiie seule [h lamelle; II ddft SOfi titré d'Hotnmèfi c'est l'etitefidéttiënt ; dottcl une fouine pÉÈ tfoblé retidrii p\m rioble la matière dé l'homme; A jéUtotiis I Cela cpie )â forme du tfel ne sera jamais» que la foriiie 4'tii corps qu'elle lie péfJLi même pas moUTOir, et que remue !*itftélligence. Si les Cietix ne tieiHlsséfilt pai^, c'e^ qu'ils entourent defil étre^ plilft nobles qu'etix, placés soUs leur ?o<lte; et si leur inouvément est dirigé poui* notre atantage sans qo*l émaile d'eux, comme je l'ai prouvé, il suit qu'on peut facfletiient compi^ndre et reconnaître que la providence ffivliie g(lnverlie les êtrei^ qui sont au-dessous d'elle.
EXERCICE VP.
Pteoie de la î^f ovîdence par les réponses des <n'Ad6^.
Ndiis atMi$ lu plusieurs fois dans tes bistmienflly qtie les Èmaeê^ de piei-re des dieux ont manifesté ceftaJiM avèi1£»- Sements sûr les événements futurs. Ce frit t)rduve éan^ ré^ pllqué l'dctkm d'une protidence partienlière de Dieti ^ar h Itiondé, e^hr i'événeïlient répondit fort souvent à la pV'édiction, ef t)efsMine cependant n'aurait pu le rapporter h tine cause ftatfti'elle, âflor» qn'il dépassait de beaucoup les ibrces de la n»* me. L'tfténir était donc prédît p^ tttt â^rbMaÉNse doftéé
d'âne ftculté 0drnAtiireUti| àk({ueUe l'oracle devait aa réfrliaation4
Nicolas Machiavel, assUrémeiit le prince des athées, dans ses commentaire» sur Tite^Live^ et dans son livre si pernicieux du Prince, ouvrages écrits dans notre langue nationale, regarde tout cela comme autant de fictions destinées à la plèbe inconsidéréei pour la maintenir par une a*oranoe religieuse, à défaut de la raison^ Socrate enseignait, au livre ii de la Ré<publlque, qu'il était permis de mentir pour ce qui concernait la religion ;âcévola, au rapport de saint Augustin, livre it de la Cité de J>ien, avait coutume de dire s II importe de tromper le peuple sur la religion. De là cet adage ai commun : Le peuple veut qu'on le trompe, qu'il soit trompé.
Mais nous ne pouvons accorda en ceci aucune créance k Macbiaveli historien récent de la république de Florence^ quand tous les livres^ les paroles de tous les sages, tous les monuments de la Grèce et de Rome^ sont là pour garantir la véracité incontestable des oracles. Ce malbeui'eux athée^ trompé par quelques oracles fabuleux des idoles qu'il peut avoir lusi a conclu du particulier au général^ contre la règle du raisonnement; le conséquent de sa proposition manque de preuve, car on ne conclut pas nécessairement d'un fait h tous les faits possibles.
Pierre Pomponat^ philosophe habile i dans le corps duquel Pythagore aurait juré qué l'âme d' Averroès atàit passée avoue^ dans son admirable opuscule sur les causes de» effets naturels^ que les réponses de» orades m^itent créance^ nto Cependant qu'elles Soient données par Dieu on le démon, mais bien pat l'âme et le corps éU eieL Car^ dît notre Mantouan^ puisque riatelligenee n'est pas un corps« que celte vérto n'appartient pas à celui^i, d'après Arisiote» livre vili de la Physique, il suil qu'elle n'est ni dan» un lied ni dans un sujets rien n'empêche qu'on ne dise qn'eMe inspirait la statue de l'idole j là elle pouvait très-facilement se faire entendre par la voîx de l'idole el par riatemièdiaire àa csorps cileslé (cor le iiel eiit l'instm^ awBt uiûveritl de» liitelUgeDee»)^ conme le moMen se fSU
SI onnrftBs PHiLotormaoït m Tâmnf .
entendre an moyen d'une flûte. Car si le démon pouTatt le faire, d'après l'opinion des chrétiens, pourquoi pas les esprits immatériels et moteurs des cieux? il n*y a pas plus dé pouvoir dans les premiers que dans les seconds pour mouvoir et exciter les oracles. D'ailleurs faut-il s'étonner de cette voix prophétique formée par l'intelligence avec le corps du ciel, quand Albert au livre II des Minéraux, nous cite la pierre amandine, qui prophétise et qui interprète les figures et les énigmes ? La pierre quiritià révèle les secrets. La sélénite, dit Albert, favorise la divination pendant la première lune. On attribua ces mêmes propriétés aux mouvements des astres. Si le ciel communique une si grande vertu aux pierres, pourquoi ne croirions-nous pas à tout son pouvoir quand il est uni à tout ce qu'il aime le plus, l'intelligence, ou même et plus encore à la statue d'une idole? Ali Abengazel ayant pris connaissance de la position des astres, annonça qu'un enfant prophétiserait aussitôt qu'il serait né, ce qui eut lieu. En effet, vingt-quatre heures après sa naissance il se mit à parler, annonçant sa mort, et ajoutant qu'il était né pour prédire à son père qu'un grand malheur menaçait sa famille, comme le rapporte le même Abengazel, chap. 7, cinquième partie.
J'ai discuté longuement et avec clarté pour réfuter Poniponat sur ce sujet , dans mon Apologie pour la loi mosaïque et la loi chrétienne contre les physiciens, les astronomes et les politiques ; il suffira donc ici de satisfaire aux raisons qui viennent d'être avancées.
Et d'abord, l'intelligence n'est en aucun lieu détermina donc elle peut se trouver dans une statue. Je réponds que b conséquence est fausse, car bien que l'inteUigence n'occupe pas un lieu à la manière d'un corps, dont les extrémités remplissent le vide du contenant, cependant c'est un être fini, il faut nécessairement qu'elle occupe un lieu dans l'espace, soit dans l'orbe de Jupiter, soit dans celui de Vénus. D'après cela, je demande comment l'intelligence qui anime le ciel de Ju*- ^ter, ou Jachiel, d'après le dire de Cardan, peut seL trouver dans la statue d'un dîeu. £st«ce par opération ou p«r défini
CBOyaBS PHIUMOPBIQOBS DK TAIIIIU. Jtt
tion ^ 7 II dorait trop absurde d*acGorder le premier point, car si Tintelligence était en son lieu par opération, elle ne pourrait pas faire autre chose dans le même lieu, et celui-ci changerait avec l'acte. Mais la position ne varie pas, car sans aucun changement de lieu , Tintelligence peut accomplir plusieurs actes, mais elle ne peut pas changer de lieu sans une variation dans la direction. Encore bien moins Tintelligence peut-elle être dans la statuepar définition, car devantétre ici, elle ne peut pas être là.
En second lieu, les minéraux sont comme imprégnés d'une vertu prophétique par les astres, à plus forte raison les astres eux-mêmes. Je nie Tantécédent; il repose sur une base vermoulue, le témoignage d'Albert, que je repousse, car l'énumération que {ait celui-ci des propriétés des minéraux fourmille d'erreurs. Pour n'en citer qu'une entre mille, il se trompe chaque fois qu'il affirme, en se grattant le front, que le diamant ne peut pas être brisé par le fer, tandis que le marteau peut le réduire en poudre. Il est cependant un peu plus dur que le cristal, et j'en ai fait l'expérience à Anvers. A Paris, j'ai rencontré un jeune homme plein de confiance dans les dires d'Albert, et qui achetait à grands frais les pierres dont il fait mention ; une si grande dépense loin de lui être utile ne fit que tourner à sa confusion. Aussi je suis tellement de l'avis de Scaliger, qu'il y a plus de vertu dans une puce que dans toutes les pierres dites précieuses, que je déclare faux de fausseté certaine, l'antique proverbe des charlatans, que la puissance est dans les mots et dans les pierres. Car tous ces mots aussi magiques qu'on voudra, tirés de la Stéganographie de Trithème études Charmes d' Agrippa, n'ont d'autre force que de changer l'ouïe.
Troisièmement, Ali annonça d'après les astres qu'un enfant était né prophète, donc les astres confèrent le don de prophétie.
Je réponds en niant la conséquence ; la vertu prophétique
' Par opéraHon, U faut entendre un mouvement d'un lieu à un autre; par iéfinxti(m t la nature de l'intelligence qui lui assigne une place spéciale ; nous avons cm d«Yoir laisser les mots du texte, mais nous croyons qu'il est bon de les expliquer.
de reniant fot indiquée mais non produite par les astres, et nous trouvons la preute de cette vérité dans les aveux mêmes des astrologues* Albert le Grande dans son Miroir astronomique, sur les livres permis, chapt 2, dit ; « Nous savons que » Jésus-Gbrist notre Seigneur est né sous le signe de la Vierge, » non qu*il fût soumis aux étoiles, lui qui a créé les étoiles, n mais parce qu'alors qu'il dépliait le ciel comme une peau, il é eût dédaigné de faire un ouvrage incomplet. II ne voulut » pas se soustraire aux signes, ni à ce qui est écrit par la Prow vidence dans le livre de l'éternité. Il voulut par là, avant de » naître d'une vierge, montrer qu'il était honune, en même * temps que par sa naissance surnaturelle il se montrait Dieu; » non que le signe céleste fût cause de cette naissance, il n'en » était que l'indice } lui seul était cause, et c'est là même ce qiri 9 rend ce mode de naissance si admirable; lè ciel devait Tann noncer. » Jérôme Cardan, à qui leS savants astrologues ont tant d'obligations^ ad livre iv dé la Sdbtilitét chaintre dé la lumière et du jotir^ après avoir dit que raJ)parition d'urie comète annonce la mort des princes et le changement des lois, ajoute ! « La comète peut être le signe de ces éténements, » mais nullement leur causer i> Je fais le même raisonnement pour le don dé prophétie de l'enfant^ et le pronostic de l'hibile astronome Ali put très-bieri avcfir eu lieu d'après la disposition fatorable de Yénus/ Toutefois^ remarquons en passant que c'est on fait Naturel et non miracûleut, qu'un enbat parle peu d'instants qirès sa naissance/ pnisqde la parole consiste dans la force de U lahgne et dans l'iritelligencé: Ges deox conditions se manifestent chez les lilis plus tôt qde ohe2 les autres, d'où il arrive qu'on s'étonne d'entendre parler un enfant qui n'est pas encore dans l'â^ ordinafa*é de l'inteUigence. Cependant si la Ungde a ilne forcé préinaturée^ comme c'est b nature qui donne à l'homme la force de parler, rien d'emlpêcbe que l'enfant n'articule des sons à la manière d'une pie oa d'un perroquet, oti qu'il ne se comprenne |)ar quelque effort de resprlt.