‹ Œuvres philosophiques de VaniniChapitre 9 sur 32 · EXERCICE VIJ · texte numérisé non relu

EXERCICE VIJ

^nwf9 à» h Pro?i^9i)cç par les répQQ^e^ àw si))yU08.

Lf§ s|bylle|$ prédîsaiei)]; rayepir ^ns ^jqif r^eourP r^ux Kvres et epc^re iqoioi^ ^ la i^pieQçe int^rroptpire que pfofess^ Aibu-r Dia^S fpai^ elles ç^^isi^t^ la pui^s^nce d'un pouffle diyin ^t spp^m^tqrel 2 apssi |ai|t-il AVQuer que leur Upgag? était réglé par un poijvpir céle^tp, C*e§t pe qp'a reconnu Aristotp, fiu livre II de 301) tnité ^ Eqdème. Plutarque, en son li^re Patfrqfioi le$ oracles fmt cwé, qoiis dira qne I9 cpni^équepce est fausse, coiproen'éisnt pas Urée de Ténupiératiop exacte des p^rti<38. C Vst pourquoi il attrîNe la pujssAPe^ divipatpjf e à ]^ terre, c'^l'lk-^r^ ^ U vapeur dp l'antre dp Dpiphes, pft les sibylles rendaient leurs oracles, parce que, djt-il, la v^ppur 4e l>ntre d*Ar pollop s'écbappapt d^bprd avpp yiolencp, ppiiss^it iropétueu?sèment Tânie dq devlp vers IVepir ; alors aussi les réponses desi oracles étaient en vers. A mesure que la vapeur dipûnuait, elfe s'échappait avec moins de force, lesi oracles ^e fonqul^ienti et la voix prophétique tombait avec le dernier ^uffle de Tanlre^ Pour justifier cette vertu divinatoire et poétique qu'il attribue aux vapeurs de la terre, Plutarqpe cite les fumées du viq, et il attribue aux premières la pqjssaace de celles-là pqur exciter rame.

J'ai longtemps disserté sw cette question dapsmon ^pologiç de la loi de Moïse et du Christ : accordqus ici qqe la vapeur terrestre puisse inspirer des vers ; on np peut cependant pas lui concéder l'inspiratiqn de l'avenir, qu'aqnqqçaient )e« pibylles, au grand étpnnemept de tous.

Jérôme Cardan, jivre xiv dp la Variété des ohÇi^ep, chap. 68» assigne trois causes l |a v^rtu prophéfiqqp \ la puissappe de la terre, celle du ciel sur une vJerge, et la méflae puissance 4aps l'intérieur de l'antre. La première agitait Tâme, car quand le devin descendait dans les profondeurs de Tantre, cette vapeur le plongeait tout éveillé dans l'extase; dans cet état, l'extase, quoique fortuitement, dévoile plusieurs fait§ | VgqiTi V§1^ Il

99 OBITTRBS PHtLOSOPUtQUItS DE VANtIfl.

réalité desquels la force céleste dirige l'esprit de la sibylle. Par force céleste, il entend Tinfluence des astres de la sibylle qui dominent Tantre, comme Fastre de Vénns avec le Soleil et Saturne.

Mais, diraient les philosophes à Cardan : Gomment savezvous que l'astre de Vénus concorde faYorablement avec la naissance des sibylles? qui vous a montré leurs livres? Cardan s'appuie sur la virginité des sibylles, mais combien de miUe vierges dans les couvents, et qui cependant n'ont pas le don de prophétie? De plus, qu'a donc de particulier l'astre de Vénus, pour qu'il puisse inspirer l'avenir à une sibylle? Comment peut'il en être ainsi, quand toute notre connaissance résulte de la connexion des faits antérieurs, et comme l'a dit Aristote, dans ses Analytiques : Comment les astres, qui s'ignorent euxmêmes et qui ne nous connaissent pas, peuvent-ils nous instruire? Mais laissons là ces sophismes philosophiques, l'ignorance de Cardan en astrologie, et rapporton&-nous-en à Ptolémée, leur maître à tous. C'est une erreur de la part de Cardan et une grande de ne faire aucune mention de Mercure ni de la Lune, quand Ptolémée, aulivre des Astres, liv. m, chap. des Monstres, texte 20 *, dit que Mercure crée les interprètes des oracles et des songes; au livre iv, chap. 4, texte 18, il dit : «Si de plus la Lune gouverne un lieu fixe, si par sa rencontre avec le Soleil eHe entre avec Mercure dans le Taureau , le Cancer et le Capricorne, elle inspire des devins, des prêtres qui voient l'avenir dans le bassin des sacrifices ; à ^ présence dans le Sagittaire et les Poissons, nous devons ceux qui prédisent d'après les morts et qui évoquent les démons, tandis que les mages, les astrologues, consultés sur l'avenir qu'ils connaissent, sont dus à son entrée dans la Vierge et le Scorpion. Enfin c'est laLune au signe de la Balance, du Bélier et du Lion, qui agite du soufile prophétique les conjurateurs et ceux qui

' Vanini veut )»rler de TouTrage de PtoMroëe connu dans le moyen âge sous le titre de : De %ndieii$ aatrologici». Cardan s'est beaucoup occupé de cet ouvrage, et Vanini cite souvent, pour les réfuter , quelques-unes des interprétations qu'il en a données.

OSOTE^S PHILOSOPHIOmU OB VANINI. 9è

étudient les songes. » Cardan explique ainsi la pensée de Ptoléinée. « Ptoiémée entend que la Lune est une cause di¥ina- 9 toire» dans quatre conditions : 1° Lorsqu'elle apparaît se B dégageant des rayons du Soleil; 2° quand elle marche vers » Mercure ; Z"* quand elle se montre au milieu du ciel, ou » cooune une planète qui poursuit sa course; ti? quand elle se » trouve dans les signes qui se rencontrent, à Texception des » Gémeaux et du Verseau. Ainsi une expérience évidente nous » prouve les propriétés prophétiques de la Lune. Pourquoi? Il » y a à ce fait plusieurs causes : elle est multiforme, elle main- » tient les fwces de toutes les étoiles, c'est la déesse de la nuit » et l'emblème des âmes inspirées. Une de ces causes de moins » ne suffirait pas pour lui ôter son caractère. Ainsi, au signe » du Taureau elle inspire le devin, parce que Vénus et la Lune » se plaisent dans ce signe, et que la première agit d'une ma- 9 nière occulte. De même au signe du Cancer, où dominent » Jupiter et la Lyne, ainsi que dans la Vierge, où fliercnre a son » fti^e, et où .se plait la Lune ; les planètes offrent le champ le » {dus noble à la science divinatoire. » Mais puisque d*après ton opinion et celle de Ptoiémée, Mercure et la Lune sont d'accord, pourquoi n'en parles- tu pas au livre de la Variété des choses? Tu n'as parlé uniquement que de Vénus, de Saturne et du Soleil Je m'étonne même que tu n'aies pas dit, comme tu le devais, pourquoi Jupiter et Mercure prédominent dans le temple d' Apollon. Cependant tu es excusable, car tu as cru devoir faire une addition à Ptoiémée (liv. iv), toutefois sans la moindre étincelle de jugement. « La rencontre de Saturne et » de Vénus ( dis-tu ) produit les devins et tous ceux qui s*a- » donnent aux arts défendus et coupables; au contraire, avec » Jupiter il en résulte deux influences bénignes qui rendent » heureux les augures et les prêtres. Nul, en effet, plus que » ceux-ci n'est comblé de plus d'honneurs et d'avantages par » toutes les lois, donc c'est à Jupiter, à Vénus et à Mars qu'ils » doivent leur influence. Pour les deux premières, la raison » en est claire, car ils sont les signes de la richesse, de l'es- » time, du repos et de l'opinion de la Divinité ; de là le tort de

le monté wmiMêmawm ms «anhii.

» eenx qni kfi ont confondus arec gaturne, mdlee de la fêssh » vreté et du mépris; aucun de ces états n'est perpétuel, mais » pour chacun la durée est en raison de la puissance ! Dans » leur constitution, le plus de pouvoir est aux influence» béai- » gnes. Les signes de Mars se cherchent dans Tinmiolatioa des » animaux, et à leur défont dans celle des hommes. » Pour juger combien ces paroles sont absurdes et incongrues, il suffit d'avoir monté les premiers degrés du temple de Tastpolegie. Tu nies la durée de Tordre ou de la religion des pauvres, quand cependant le christianisme fut la plus humble à son origUie ; tu la nies en disant au sujet de la naissance du Christ dans Pto* lémée : « Quand le destin fut arrivé aux limites de Saturne, n SOUS la Terre désolée, il annonça la pauvreté, d'oà vient cpe » le Fils de Tbomme dit de lui-même, quHl n'av»t pasoù re- » Boser sa tête. » Cependant, d*aprôs la vérité constante de rivangile, et les signes astrologiques, cette religion doit differ un long espace de temps. Car tu dis, fol. 366 2 « C'est la Mis- » sance du Christ, source de tant de mirades; et l^ea qu'il ne » faille insister que sur les faits naturels, cette naissaBce cju » Christ fut adn^able, et b nature y contribua de tout soq » pottvohr par le concours de tous les astres. Naturelleeieit » donc, notre loi est une loi de piété, de justice, de loi, de » simpliolté et de charité ; loi excellente et sans in, si ce n*est » au retour des éoliptiques, qui serait le signal d*UB nouvel n ordre dans Tuuiv^s. » Puisses-tu, pour ton repos, entendre par là le jour du jugement dernier. Tu affirmes en outre que les religions sont d'autant plus durables qu'elles sont fÂus puissantes, ce qui est faux, car il en était ainsi de l'hérésie d*Arius. Elle s^étendait sur toutes les parties du monde, an point que saint Jérôme disait : L'univers se fait arien. Le siège de saint Pierre seul, posé par le Christ sur une pierre indestructible, et contre lequel les portes de l'enfer ne prévaudront point, se préserva du contact impur de cette hérésie. Cependant à peine avait-elle régné deux cents ans, qu'elle fut brisée comme d'un seul choc, ruinée de telle sorte, qu^aujourdViai ( Dieu en soit loué I ) il n'en reste rien, pas la mdiidre parodie;

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e*9^k ff^m ^ Voa 6aU le nom 49 son impie et «»g|imliettx fandateun XieTeBon^l à notre sujet.

Pourquoi fais-tu ppésjdep véqus et Satnrae Hnm à l^u^ sauce des sibylles? u'as-:!» pas lu dau^ Ptuléwée, liif?e m , çle« Astrea I ^ Oans ]ea p^édictioua et lea «iaolea< Tétoiie dç Véuua « auuimee dea vioea éléganta et agréaUea, dea maladie^ qu*ou » peut guérir eu implorant h seeoura dei la Oiviait^i maia aa » reueoutre avec Saturne auuouce une iguomiaie qu'eu ue » peut caoher. « Or lea »hyllea n'ont point porté la miu'que pu? blique de cette ignominie ; tu as donc tort de les mettre dans rem{Mre de Yénus et de Saturne réunis.

Pourquoi maintenant aflSnnes-tu 14nfluence bénigne de ces astres à la naissance des sibylles ? Tu diras que c'est parce qu'ils leur ont douné la dûrination; j'y ?^praia plutôt uno preuve de leur malveillance. Écoute Ptolémée, li?re in : « Si les astres mal- > faisants s'arrêtent à l'angle oriental, et leurs contraires à l'oc- » cident, ils apportent dea maux presque incuFablea et qui » frappât tous les ragapdfli Pé^psia ot ses fureurs mopteUes, » les terreurs de la mort, la folie et la stupeur , la licence ef« » frénée, une nudité effrontée, les bla^hèmea » A la démo^ B^ilexte, ou vertige des Baeehantes (ainsi parle Virgile au su^ jet de la sibylle, livre vi), ils joignent toutes les ei^ravagancea qui s'y rapportent Mais d'après les lieux qu^ils dominent spécialement, le Soleil et. Mars poussent à la folie } Jupiter et Mercure à Tépilepsiei Vénus à l'inspiration prophétique i Satume et la Lune à la démenoplexie, e'est^ànlire à l^obsesHOU des dé-* mons. Ce sont là des contes : cependant les astronomes gour« mandent Cardan sur son ignorance. Tu te trompes, et grandement, en donnant le Soleil comme le guide et t'in^ateur des sibylles ; car tu affirmais plus haut que la vapeur froide de l'antre agitait leur esprit. Mais, dira Cardan, la chaleur du So-. leil^ut aussi animer les sibylles. Et même celle de Mars, comme tu l'avoueras volontiers (livre iv de Ptolémée) i « Oans » le signe de Mars et de son opposé (le Cancer ou le Capri-. » corne), on peut deviner, à cause de la puissance de la Lune » et de Vénus. Dans h Balance, grâce à l'actiott opposée dQ

31 OBUmiS PHILOfiOPUOOtt DB VANINI.

» Saturne et de Vénus, c'est à la Lune que sont soamis ceux » qui interprètent les songes. Dans le Bélier, c'est à Mars » qn*est due Tinspiration, et dans le Lion les exorcistes obéis^ » sent au Soleil opposé à la Lune. Ainsi la Lune domine les dé- » mons, le Soleil les exorcistes. «Or, ceux-ci n'étaient pas des sibylles, lesquelles n'étaient pas soumises au Soleil. Cardan fera donc bien de donner aux réponses des sibylles une garantie plus respectable, mais après des efforts si multifriiés, nous ne pouvons qu'en rire, sans nous arrêter à lui répondre.

EXERCICE VHP.

Preuve de la Providence par les miradet de raneieime loi et de la nouvelle.

L'argument tiré des miracles prouve la Providence d'une manière si éclatante , que nous pouvons nous appuyer facilement sur une longue induction ; mais nous avons à rechercher ce que peuvent répondre les athées, ce dont jusqu'à présent personne ne s'est ému; pour nous, c'est avec joie que nous entrons dans toute voie nouvelle, conmie le lecteur bienveillant pourra s'en convaincre.

Nicolas Machiavel résout la question par un expédient facile : il pense que les miracles ont été inventés et forgés par les chefs pour dompter leurs sujets, et par les prêti^es pour s'attirer les honneurs et le respect

C'est un mensonge honteux, comme je vais le prouver par tes propres paroles, méchant esclave : dans le livre du Prince, tu afGrmes que la religion chrétienne est contraire au régime politique, car elle glace le courage des honmies par les terreurs de l'enfer, affaiblit les forces par le jeûne, énerve^ les houHues en condamnant la vengeance et en repoussant les sacrifices sanglants; un prince politique ne désire donc pas cette loi basée sur des prodiges et des miracles , puisqu'elle est en tous points si contraire à ses vues. Encore bien moins, les prêtresi

représentants du Christ ici-bas, veulent-ils trafiquer des miracles; car tu affirmes en un chapitre des Commentaires sur Tite-Live, que par une loi de Tétat très-habile et trèfr-juste, tout doit être ramené aux anciennes sanctions. Tu cites pour exemple le bienheureux François et saint Dominique, qui sauvèrent de sa ruine le christianisme presque détruit (comment cela se peut-il, puisqu'il fut assis par le Christ sur une pierre indestructible ? } , qui le ramenèrent aux principes de sa fondation en prêchant la pauvreté et Phumilité, comme Tavait fait le Christ. Apprends donc de toi-même, Nicolas, que ces fidèles ont professé la pauvreté et l'humilité , et qu'ils n'ont pas imaginé des miracles pour acquérir des richesses et des honneurs. Il est prouvé cependant , par le témoignage de l'histoire ecclésiastique, le plus évident et le plus infaillible, que ces saints personnages se sont illustrés par de nombreux miracles; tu as donc tort de dire que les prêtres ont inventé les miracles dans des vues d'avarice et d'orgueil.

Pierre Pomponat dans un opuscule imprimé à Bâle , reconnaît l'évidence des miracles de l'une et de l'autre loi; toutefois il leur donne pour cause, soit les astres, soit notre imagination. Cela est vrai des astres, car ils influent sur l'ordre et l'organisation de l'univers, même sur les institutions religieuses, source universelle de l'ordre. Or, comme les peuples n'ajouteraient pas foi à un nouveau législateur qui ne serait pas recommandé par des miracles , les astres réunissent toutes les vertus qu'ils distribuent séparément aux animaux, aux herbes et aux pierres, pour les donner au nouveau législateur, qui muni et comblé de tous ces dons célestes, accomplira une foule de merveilles; en sorte que si le diable peut les produire, l'auteur de la loi nouvelle ne lui est pas inférieur. Ce qui suit le prouve , car d'après saint Augustin , Satan ne peut effectuer aucun miracle qu'en appliquant des forces actives aux êtres passifs pour troubler les sens et émouvoir l'imagination , ce qu'il fait en appliquant au sujet les sucs des herbes de différentes parties de la terre » et dont il connaît bien toute l'efficacité. Le nouveau législateur, inspiré par les astres, produira ces faits, et de plus

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extraordinaires encore. Il y joint une fonle d'exemples que k rdigion interdit de rapporter.

Jérôme Cardan fait aussi remonter aux astres l'origine des lois, dans le supplément d*Alman » chap. 32. H dit ( ô langue impudent Ilangage exécrable I discours impies I paroles détestables I) : « La loi judaïque vient de {Saturne ou de son étoile, et n mieux de tous les deux ; U loi chrétienne de Jupiter et de n Mercure ; le mahométisme du .Soleil et de Mars, qui dominent n également, d'où vient qu'on y voit une juKtice rigide alliée ï n rimpiété et à une cruauté inouïe. L'idolâtrie est due à l'inn fluence de la Lune et de Mars. Toutefois chaque loi est troo- « blée parles contraires: Jupiter par l'autorité , et Mercure n par le raisonnement, résistent h Saturne. Les deux prcmien n ont pour ennemi Mars , sourd à la raison et bravant l'auto- » rite. Saturne, par la ruse, V^'nus par la débauche, combat^ n tent Mars et le Soleil; le Soleil et Jupiter, par l'autorité, la n dignité et la vérité, balancent Mars et la Lune. » Il conclut en disant : «Ainsi, chrétiens, levez la tête , comprenne qui » pourra. »

Et dans le livre :

« JjC triangle de feu favorise la religion chrétienne, et celai n d'eau est favorable aux mahométans; delà vient qu'il ne leur n a fallu qu'environ cent cinquante ans pour établir leur sectf, n qui le fut après la rencontre de Saturne et de Jupiter dans n le signe du Scorpion, l'an 630, ou , selon quelques-uns, ea » 619, la rencontre ayant eu lieu en 610, dans le signe àa n Poissons. La grande rencontre dans le signe du Lion annonça n la religion chrétienne et la venue du Christ; la rencontrée n la naissance du Cancer , et qui annonça Mahomet , Tan dé » Nolrc-Seigncur 590 , fut grande , sans être cependant la n plus grande, n Sur Ptolémée, Jug. des astres, liv. Il, texte 17, il dit:

« Les religions sont persécutées surtout quand les grandes n jonctions ont lieu dans les opposés du triangle. Le trian^ 9 de la religion chrétienne est formé du Bélier, du Lion , do n Sagittaire et de Jupiter , qui le domine , parce que le Sdeil

OBUTABS PHlLOSOPHieUBS DE YANlNIi 8tt

B leur est commun ; celui de la religion païennei du Taureau, » de la Vierge, du Capricorae et de Vénus, qui le domine, » parce que la Lune leur est commune ; celui de la juive, des » Gémeaux , de la Balance , du Verseau et de son maître Sa- » turne, qui ont Mercure eA Commun, parce qu'il les favorise » tous. De plus , les descendants des Juifs sont fidèles à leur n religion, parce que Merctire, qui préside aux lois^ domine s particulièrement le triangle des JuifSj et de là vient que leur n religion est stussi leur code. Mais le triangle du Cancer^ du n Scorpion et des Poissons préside à la religion mahométane; n car Mars là domine , et la conjonction commença au milieu de l'année 591, dans le Cancer, et continua jusqu'à l'an 789, » dans les signent dii Verseau : or pei*sonne n'ignore (}ue Man homet est né et qu'il promulgua sa religion sous cette in- » fluencé. Le Christ naquit également six ans après la grande » conjonction dans le Bélier^ et il annonça sa loi pendant cette » conjonction dans le triangle dû Bélier, du Libn et du Sagitn taire. Ainsi il est évident que ces triangles et ces planètes » exercent leur influencé sur ces religions, tant t>ar rapport à n leur origine que par rapport aux mœurs et au pays où elles j# sont nées. Les triangles Ont les mêmes adversaires que les 1» planètes. Le triangle du Bélier est opposé à celui du Cancer, » parce que Mars et Jupiter sont ennemis, très-puissants tous » deux ; aussi la guerre eèt continuelle entre eux. De inême pour le triangle du Taureaii et celui des Gémeaux^ parce que n Vénus et Saturne sont en guerre , quoique faibles tous les n deux; aussi la religion qui iient la dernière attaque les au- ]» très. » Au texte 19, fol.* 28^^ il avance encoredëi^ contes tout aussi absurdes.

« Notre religion naquit sous la conjonction du Béliei*' et dés » astres supérieurs, et il en est de mêifae du Sauveur. Elle fut 9 promulguée sous la tonjotiction des astres supérieurs dans lé » Sagittaire^ dans la région soiimise au Bélier ; et alors comiàe » la fotce des triangles intermédiaires est plus grande à l'ex-^ » trémité opposée, notre religion fleurit en France , en Italie^ » en Angleterre, dans U Sicile, la Germanie, l'Espagne, gtii

96 OBUTMES PHIL0S0PB1QVB8 DE TANINI.

» sont soumises au triangle du Bélier. Ensuite la loi de Mafao- » met, fondée sous Tinfluence du triangle aqueux, fut promul- » guée en Arabie , au milieu du triangle du Verseau , et ré- » pandue ensuite dans l'Arménie , THyrcanie» la Mattiane,! » Bactriane et les pays qui avoisinent la mer Gaspieime. £n- » fin, par suite du concours du triangle aqueux, qui se déve- » loppe dans le quatrième carré, elle fut aussi promulguée dans » la Numidie, à Garthage, dans TAfrique, en Egypte, chez les » Nasamontcs, les Garamantes, les Maures, les Gétules, les » Métagouses, les Bithyniens, les habitants de Golchos, delà » Syrie, de la Gappadoce, de la Lydie, de laGilicie, delà Pam- » phylie : or, à TArabie touchent TÉgypte, la Gyrénaique, TÉ- » thiopie , la Médie. On sait que la Scy thie, située à l'extrémité du » triangle, est la région où s'arrête le nom de Mahomet « comme » en Espagne et les régions environnantes la loi du Gbrist » Il rapporte également les schismes et les hérésies aux astres , car il parle ainsi du schisme anglican , texte 54, fol. 347 : « Une » comète remarquable par sa faiblesse, annonce les fureurs » nuisibles de Mars et de Mercure ; Jupiter annonce quelques a> biens , comme des vents salutaires. Quand à ces pronostics » se joignent les divisions des prêtres dans la religion chré- » tienne, eUe est menacée de combats, de guerres qui ne doi- » vent pas durer, de scissions et de troubles violents» C*est ce » qu'on vit en 1533 dans le signe du Bélier, au nord; car Ju- » piter indiquait la religion chrétienne, le Bélier l'Angleterre, » Mars et Mercure les dissensions et les changements, événe- » ments qu'on vit se réaliser dans ce pays sous le règne de » Henri YIII. » Dans son horoscope de Martin Luther, il irapporte la réforme aux astres , et notamment à Vénus dans Tépi de la Vierge.

doctrine sacrilège! et que les hommes doivent repousserl impiété infâme et inconnue jusqu'alors I Les avertissement» prophétiques, le christianisme que Dieu a institué, que Dieu confirme par des miracles, les rapporter à la conjonction fabuleuse et imaginaire du Bélier ! Voici ce que dit Gardan au si\jet du Jugement de Ptolémée sur les asties : « La conjonction de la

oBtnrREs PifltosoraïQOBS db vanini. 37

» huitième sçhère du Bélier arec la tète de la neavième ne peut t avoir lieu que dans un espace de trente-six mille ans, et même « selofl quelques-uns qu'après quarante-neuf mille ans.» La loi (h Christ ne résulte donc pas de cette conjonction , comme le Teat encore le même Cardan, puisque rtiistoire sacrée des Hébreux ne compte que six mille huit cent vingt-deux ans de* pins la création du monde. Mais voyons à faire crouler sur luimême cet échafaudage diabolique de Pomponat et de Cardan. Le premier affirme que les astres sont cause des lois nouvelles, et p-incipalement du mosalsme et du christianisme. Comment donc ces religions qui procèdent des astres renversent-elles entièrement le culte des astres? Es. 47; Gai. U. Ceux-ci sont-ils insensés à ce point de produire des lois contre eux-mêmes? Pourquoi donc les rdigions instituées pour le bien du monde sont-elles si diverses? D'où viennent les débats et les carnages? Enfin comment les astres confèrent-ils à un nouveau législateor le pouvoir de faire des miracles? Si Mahomet a pu instituer une loi nouvelle sans Mars et le Soleil , sans miracles ni aucuns signes , les hérétiques également , abandonnant notre Église , ont forgé des dogmes nouveaux sans aucuns miracles : ils n'ont fait que tuer des vivants, conune on le sait de Calvin. Pomponat s'abuse quand il croit aux plantes la propriété de produire des miracles; tandis que dans notre religion nous lisons que plusieurs morts furent rappelés à la vie par de saints hommes, ce que les sucs des plantes ne peuvent certes pas faire. Selon moi, le diable ne peut pas non plus faire de miracles, mais seulement des illusions farcies de ruses et de mensonges, comme l'écrit l'Apôtre.

Mais revenons à Cardan. La loi judaïque, dit-il, vient de Saturne. Pourquoi as-tu omis Mercure? Sans doute tu diras dans Pcolémée (Jugement des astres, liv. ii) : « Toutes les lois sont promulguées dans un milieu habitable, d'où elles parviennent

* aux extrémités ; or Mercure domine dans le centre, comme » fl a été dit. Les lois sont privées de la parole , du raisonne- 9 ment, du mensonge, toutes choses auxquelles préside Mer-

• eure; par lui-même néanmoins celui-ci ne peut pas donner

88 QKVVRBS PHII1O8OPHJQUB8 DRJVâKUn.

» la k)i ; mais en s*alliant à Saturne, il produit la religion juite, » religion dure, hideuse par le mensonge, Tal^omination , Fay varice, Tusure, le divorce, les mariages illicites, la lèpre et » la saleté de la nation. » Au texte 17 » il dit : « La loi judaïque 9 tient de TOrient , auquel préside Saturne ; » et même de roccident, comme tu FaiGrmes ailleurs, et peut-être avec {dus de raison. Voici ce qu'il di( au texte 18 : « La loi des Juifs joint » Mercure à Saturne, d'où vient que ceux-là sont industrieux, » loquaces 4 misérables et avides de gain^ C'est à cause de Sa* 9 turne qu'ils fêtent le sabbat » Il y a plus i d'après la sentence des astrologues , c'est à Saturne qu'ils doivent leur délivrands d'Egypte I car, selon Ptolémée, Saturne causa les tribulations et la servitude. Continuons^ Tu insinues que la faiohréticnm vient de Jupiêer et de Méroure : pourquoi pas de Mars, d'après ton opinion» qui est fausse 7 Le prophète l'avait dit depuis bieii longtemps 1 il fot ofiért parce qu'il l'a voulu. Son horoscope, dans la huitième demeure, le menaçait d'une mort cruelle , et de là le début si ferme de notre loi; Pourquoi dé Jupiter! Il répond par l'exposé de l'horoscope : « Jupiter annonçait la pu- » rfeté des mœurs, la probité, la douceur unie à l'éloquence et » à une grande sagesse : ainsi on vit le Christ, à l'âge de douze » ansi disputer dans le temple ; car Jupiter donne la sagesse » avant le temps^ » Mais si celui-ci donne la sagesse, pourquoi lui adjoindre Mercure? Vénus n'y suffisait-elle pas? Tu en fais l'aveu dans l'exposé de l'horoscope : « L'épi de la Vierge, étoile » de première grandeur, qui tient plus de Vénus que de Mars, » et qui, en s'élevant vers les trois parties, les deux premières » de la latitude australe, l'autre, le point réel de l'équinoxe, » annonce l'éloquence, la faveur des peuples, et une connais- » sance naturelle de l'avenir. » Pourquoi ne pas y joindre le Soleil ? Car tu dis sur Ptolémée (Jug. des astres) : « Le chris- » tianisme réunit Jupiter et le Soleil ; le jour dominical est le >» sien : or^ le Soleil indique la justice et la vérité, et la loi chré- » tienne renferme le plus de vérités et rend les hommes meil- )» leurs. » Ajoute plus prudents ; car ce Christ-Dieu dit aux i|)ôtires : Soyez simples comme des colombes et rus^ oomme

des arpents. Mais les chrétiens ont tailt de stmfiillcité ! pourquoi les faire procéder de Mercure, lui Si adroit f « Le nlàho- » métisme vient du Soleil et de Mars , dis-tu , se balançant » également, d*où sa justice, n Mais to te contredis toi-même en disant, texte 1*7 : « De Tunlon de Merture et de Mars » résulte le mahométisme , religion pleine de violence et de » cruauté, qui se déshonore par le divorce, la plul'alîté des femb mes, la luxure, et son horreur de la piété et de Thumattité. » Et texte 18 : « 11 faut remarquer, pour ce qui regarde les triân- » gles et les lois, que celle de Mahomet, qui est sods l*înfltiencc » de Mars, S'adjoint Vénus Ou la tune. Vénus pour Timpudi- » cité î un jour de fête lui est consacré. La Lune, parce qu'ils » sont laborieux et errants , et qu'ils portent Son image sur » leurs drapeaux : l'une et l'antre leur permettent plusieurs » femmes. » Cardan tient tous ces faits d'Albumazar, qui a rapporté les superstitions astrologiques des Turcs. Pldt à Dieti qu'il eût bien jugé en parlant de la durée de Cette sectè, elle serait entièrement épuisée et détruite. Tu ajoutés que Vidolâ* trie vient de la Lune et de Mdrs ; pourquoi né pas nommer aussi Mercure et Vénus? car dans l'exposé tti dis (texte 17) : « RIerctu*e joint à Vénus produit l'idolâtrie, Idl stupide livrée à » tous les excès. Bile est multiple par la puissance de Mercure, » et par Vénus, faible, comparée aux précédentes; polythéisme 9 sans noblesse , plein de superstitions , de divination , de fa- » blés qui autorisent l'aduhère, d'autres infamies, et l'ahiour » pour les garçons: c'est ici l'influence de Mercure. » ÀUtettel8, lU dis encore : « L'idolâtrie joint à VénUs la Lune de l'Orient, » comme le mahoinétisme celle de l'Occident. >* Et texte 17 : • L'idolâtrie, tirant son origine de Vénus, parut d'abord ail » midi, c'est-îi-dire en Assyrie, àBabylone et en Chaldéé. BéluS, » roi des Assyriens , fut le premier à se faire adorer. » A tout Cela j'oppose Trithème , qui dans son Bvre des Sept esprits, nous apprend que l'idolâtrie commença sous le règhe de Michaêl, ange du Soleil. Tu ajoutes que chaque loi est ditfUitë par son contraire. Erreur, Cardan, car le christianisme, qui, d'après ton |n-opre aveu , est sons l'influence de lupiter et de

40 (Kinr&is PHaosoPHionn bi tandii.

Mercure, hrisa le paganisme, soumis à la Lune et à Mars. Or, Jupiter et Mars sont ennemis , mais nullement Mercure et la Lune.

Voyons ton raisonnement : Jupiter combat Saturne par V autorité 9 Mercure par la raison. L'athée est en défaut; il a cru que le Christ avait détruit la loi hébraïque, qui est sous Saturne, tandis que le Christ nous dit : « Je ne suis pas venn déUruire, mais compléter la loL » Il n*est donc pas venu la bri» ser. La conséquence est évidente ; car Saturne n'est pas détruit par lui-même, mais par Jupiter et Mercure : or , il se serait détruit lui-même s'il eût succombé sous le Christ. C'est par l'inspiration de Saturne, en effet, qu'il a renversé la loi, comme en convient Cardan lui-même dans l'Horoscope du Christ , où il dit : « Quand Saturne fut au neuvième lieu et sur son re- » tour, il indiqua le désir du Christ de renverser la loi sous » laquelle il était né. Mais personne ne détruit une loi , si ce » n'est pour en fonder une nouvelle. Ainsi quand le Christ agis- » sait comme être divin, l'étoile de Saturne indiquait natnrel- » lement ce désir et poussait à la réalisation de l'acte. » En quelque lieu qu'il regarde, le lecteur ne verra pas Saturne rétrograder à la naissance du Christ Car, d'après Cardan, le Christ aurait été bègue. £u effet , dans l'Horoscope de Cardan fait par lui-même, et qui est assurément magnifique, je lis ces mots: « Le neuvième défaut est une langue embarrassée, causée par a le retour de Saturne et Mercure tourné vers le triangle. » Tu dis encore que Mars combat Jupiter et Mercure. D'après cela la rel^^n des Turcs détruirait la nôtre : ce qui est faux; car toi-même tu avoues dans la préface de l'Horoscope du Christ que le christianisme a plus de durée que la toi mahométane. Saturne et Yinus détruisent Mars et le Soleil. Ainsi les Jui6 détruisent les Turcs. Quel homme pénéurant I Mars et la Lune succombent sous le Soleil et Jupiter , et même sous celui de Mercure. La loi chrétienne, qui est sous leur influence, comme tu en conviens, renverse la secte des (outils, soumise à Mars et à la Lune.

Tu conclus ainsi : Cest pourquoi^ chrétimsy hvex la tite!

aBOYRES PHILOSOPHIQUES BE VÀNim. 41

Oui, et ils t'entendent proclamer (iiv. n de Ptoiémée, da Jug. des astres, et préface de la Naissance du Christ) que « naturelle- » ment notre loi est une loi de piété, de justice, de foi, de sim- » plicité, de charité, et qui ne doit finir qu'au retour des éclip- » tiques , où comnîencera un nouvel ordre de l'univers ; » c'est-à-dire à la consommation des siècles. Cette loi ne serat-elle pas détruite par Mars, qui a fait tant de martyrs? Loin de là , car leur sang est la semence de l'Église, comme Pa dit le bient eureux Cyprien.

Je ne dis rien ici des fables des triangles, parce que dans mon Apologie pour la loi de Moïse et celle du Christ, j'ai longuement parlé des secrets des astrologues.

Tu attribues le schisme anglican à Mars et à Mercure par le Bélier qui domine sur l'Angleterre ; mais c'est une erreur que je vais te prouver d'après toi-même, car tu dis an livre ii de Ptolémée (Jug. des astres) : « On trouve des r^ons qui se rap- » prochent plus par les événements et les coutumes que par la » position géograjriiique : teUes sont la Bretagne et la Judée. C'est 9 pourquoi ces deux pays sont opiniâtres , cruels et séditieux. n Les Aillais sont sous l'influence du Bélier, et les Juifs doi* » vent au même signe leur impiété, leur fourberie et leur au- » dace : aussi ces deux nations, plus que toute autre , se ré* * voilèrent contre les Romains avec ténacité et acharnement , » et furent plus souvent taillées en pièces; l'une et l'autre se n livrèrent paiement à de nouveaux rites religieux , quelque- 9 fois avec bonheur, le plus souvent à leur détriment. » Mais si ces deux peuples sont sous l'influence du même signe, pourquoi une comète a-t*-elle annoncé le schisme futur en Angleterre, tandis que cela n'avait pas eu lieu en Judée? Pourquoi les Anglais poursuivent-ils les Juifs de leur haine au point de se décbainer contre les princes d'Italie , qui chaque jour, bien que les Juifs ne le méritent pas , leur donnent un asile et un domicile? Pourquoi les Anglais sont-ils si odieux aux Juifs? Dans le même temps que moi, il y avait en Angleterre un Juif que l'Académie d'Oxford accueillit avec humanité pour qu'il embrassât la foi chrétienne; mais il s'enfuit au moment de rece-

41 mm^ paumfmam d^ tavui*

voir le baptême : on le reprit JLe roi le reuToya avec boi^të, M quelque tepips ^près je le rencontrai à Paris à la cour du roi, où, daps une coQversation que nous eûmes ensemble, il raillait arec sel les Anglais sur leur avarice; tandis qu'ils se distinguent des antres nations par leur libéralité, qu'ils prouvent aux étr^pgers de toute manière, et en particulier à ce Juif, qu'ils comblèrent d'attentions pendant deux ans, pour qu'il se convertit

Ajoute, Cardap, que les lois se succédèrent en Angleterre et dans la Judée : chez l'une avec bonheur, chez l'autre pour l'er* r^ur; car depuis le commencement de leur religion jusqu'aujonrd'hui, ils attendent la venue du Messie.

En outre, tu donnes une autre cause au schisme anglais dans THoroscope de Hmiri YIII, joint à la naissance d'Edouard YI, son fils. Tu parles ainsi de Henri : « Vénus parut avec une » qneue et brillante comme une étoile de la nature de Mars, p qui à l'occident ouvrait ses dignités à la Lune. Mars dans h P Vierge et dans le Carré est un signe malheureux et rend Ju- » piter nuisible. De plus, il changea la religion par colère contre » le souverain pontife, ce qui arriva par suite de la position de » Vénus et de^ astres adjacents. »

Dans l'Horoscope de Luther, Cardan s'^st encore trompé; il fixe sa naissance au 22 octobre de l'an 1^83, tandis qu'elle n'eut lieu que le 10 novembre, heure d'avant midi, comme on le voit ap calendrier d'fb^rns, et comme le rapporte Tycho-Brabé ea son livre de )a Noiive)le étoile, pag. 777, et qui expose autrer ment que Cardan l'horoscope de Luther. Étant à Strasbourg « j'ai examiné le pmtrait de Luther, et Cardan aurait pu facilement reconnaître le signe d'apostasie qu'il tenait de Mercure dans la si^ème demeure ; Vénus lui était favorable, et de là son aménité avep les sieQs. J'aurais pu opposer k Cardan l'opinion d^ Tritbème , exposée en son traité des Sept esprits qui mea- Vfsnt les globes S imprimé k Strasbourg, chez Lazare Zetneras;

' Voici le titre de cet écïit , tel au'il existe dans le catalogue de la biblioth^ue de Berne : De septem secondets s. spiritibus orbes moventibus. Cologna, 1S67. La plupart 4e8 bibliographes paraissent avoir ignoré l'ezisteBce do eet Q^ytpp.

(SVVIIBS PHILOSOPHIOUBS DE f AVIKL 40

mais j*ai toujolirs fait très-peu de cas de Vesjprii et do joge^» ment de Trithôme , j'aurais eu honte de lui emprunter quel» ques preuves.

Arrivons à Pomponat, Celui-ci pensait très-ringôDieusement que plusieurs événements, que nous reprdons, nom, comme miraculeux, proviennent de la force de Timagination : il s'ap^ puyait sur un raisonnement, en alléguant toujours la puissance de cette faculté. Qu'une femme dans l'acte amoureux con-r çoive une image, elle l'imprime au fétus; qu'une femme enn eeinta désire, par exemple, une grenade» elle marque son fruit d'une grenade : il tient tellement à cette démonstration , qu'il sotttiept que saint François , mon patron devant Dieu , a pu étire marqué des stigmates du Christ, parla conception violente qu'il en avait.

J'avoue que pendant plusieurs années j'ai cru que la force de rîmagination se bornait à augmenter l'amour. Quant aux taebes qu'on trouve parfois chez quelques hommes, si elles àU testent les désirs de la mère , je niais cependant que dans leii plantes ou les pierres, qui n'ont aucuu désir, nous puissions voir les images des fruits, des oiseaux, des poissons ou de toute antre chose gravée par la nature. Ajoutons que si un désir d'une femme enceinte affectait le fœtus , nous aurions tous quelque signe ; car il n'est pas une femme enceinte qui n'ait un jour ou Faulre un désir inaccoutumé. Hais comme bien peu sont dans ce cas, puisque à peine on en trouve un sur mille, Pomponat ne devait pas donner comme règle générale le fait d'une femme enceinte. Ensuite, pourquoi n'avoufr-nous pas 4'empreîntes de petit» oiseaux et d'herbes qui excitent assurément des désira ? On répond que ce sont de tout petits enfants qui reçoivent sur eux l'empreinte des fruits, et que la mère atteste qu'elle a dé** siré tel ou tel fruit Adroite réponse ! La môre niera-t-elle que dans l'acte amcmreux et pendant sa grossesse elle ait désiré les chastes embrassementsdeson mari? Pourquoi n'imprime-t-dle pas sur son fruit l'image de celui qu'elle aime? Repoussons en? core autrement ce témoignage. Il n'est aucune femme qui puisse clire I pendant aa grossesse , si son fils portera une marque, et

44 oBovaBs PHiu>MPmouB8 DE vAmm.

quelle sera cette marque; tandis qu*eUe sait fort bien ce qa^elte a désiré. Que Teniant naisse, que sa mère lui Toîe une empreinte f et elle s*écrie : C'est le fruit que j*ai désiré. Tandis qu'elle en a convoité une foule d'autres , et que peut-être eDe n'a pas pensé au premier ; mais elle donne cette raison parce que tout le monde proclame qu'elle est Traie.

Les médecins ont sans difficulté tranché la question par ces mots d'Anaxagoras: Tout est dans tout; mais vraisemblablement Anaxagoras, en disant que toute la substance est en tous lieux, n'a pas cru, conune les alchimistes, qu'une baleine fût dans une aiguille. Il disait qu'on n'imprime aucune forme nouvelle, parce qu'elles sont toutes mêlées : ainsi il ne dira pas qu'un sculpteur donne une forme à un Uoc ; mais qu'il découvre cette forme qui était cachée par la matière qu'il rejette.

Les astronomes rapportent le fait aux astres : si donc nous voyons surun homme l'empreinte d'un poisson, ils diront hardiment que le Soleil était dans le signe des Poissons. Il est sur-* prenant toutefois que le Soleil, en certaine année, soit pendant trente jours dans le signe du Poisson, et qu'on ne trouve que très-peu ou presque aucune empreinte de poisson sur le corps ; mais à quel astre rapporter la forme d'un fruit? Mais accordons à Pomponat que l'imagination jouit de cette puissance étonnante. L'Église romaine , qui est la pierre de touche de la vé« rite, ne place pas au rang des miracles les faits d'une imagination exaltée, mais seulement ce qui dépasse les forces de la na« ture. Quoique les stigmates de saint François ne soient pas un article de foi (car il n'existe aucun décret de l'Église à cet égard) , cependant comme dans les prières du matin de la liturgie divine il est fait quelque mention des stigmates , moi , fils de notre mère l'Église, j'ai soutenu dans l'Apologie du con« cile de Trente, à l'article du décret touchant l'invocation des saints, j'ai soutenu contre Luther que saint François, embrasé par l'amour du Christ , s'était stigmatisé de ses propres mains avec le fer. Et même, ce qui n'est rien moins que vrai, se serait-il fait mourir, ou du moins se serait-il mis en danger, ce qui n'est pas à présumer de cet homme sérapbique , Luther

loi-même, loin d'y croire, avoue en sept endroits, que j'ai notés, et^cialement dans sa Captivité de Babylone, que François est un grand saint, et qu'il règne maintenant à côté du Christ. Il s*en faut dcmc bien que les stigmates soient pour lui le résultat de l'imagination , parce tiu'il se livrait à de profondes et à de brûlantes méditations sur le Christ Pourquoi Fimagination n'aorait-dle pas produit ces blessures longtemps auparavant? Pourquoi n'en voit-on pas de semblables sur Tauguste mère de Dieu? elle qui vit son fils percé sur la croix , et que son amour de mère transportait d'un feu plus brûlant pour ce divin fils.

Le raisonnement de Pomponat ne conclut en aucune manière, d'une femme enceinte à saint François ; il y a entre eux trop de différence. Dans le premier cas , l'idée du fruit désiré reproduit une salive comme parfumée de la saveur de ce fruit. La salive en est en quelque sorte la semence , et il n'est pas miraculeux qn'elle le reproduise une fois avalée. A ce propos, ii me souvient que la bienheureuse Béatrice Lopez de Noguera, ma mère chérie, me racontait quand j'étais jeune , que pendant qu'elle me portait dans son sein elle avait désiré en hiver plusieurs fruits d'été dont elle était privée , et que cependant je n'en portais pas l'empreinte, parce qu'alors elle avait soin de cracher sa salive. Pourquoi cette idée produit-elle la salive, c'est ce que je n'examinerai pas ici , l'ayant établi clairement et ingénieusement dans mon Physico-magique. Saint François ne pouvait pas produire une salive imprégnée de la saveur des blessures du Christ, qui n'en ont aucune ; la salive enfin n'aurait pn, comme une semence, produire ces fruits des stigmates sur des membres séparés , comme Testomac , les mains ou les pieds. Si donc l'Église déclare réels les stigmates du saint , il faut, sans hésiter, les rapporter à une cause surnaturelle. Quelques athées légers ne craignent pas de mettre en doute l'évidence des miracles, parce qu'ils n'en ont jamais vu, et que de plos âgés qu'eux, interrogés sur le fait des miracles, n'apportent pour tout témoignage que ce qu'ils ont entendu raconter et non ce qu'ils ont vu. C'est l'afiaire des vieilles femmes de

témoigner w ce qu'on voit, et mit de» faits de mince importance qu'on peut facilement attribuer à une cause naturelle. Mais que sert de tant criailler i ces êtres plus semblables i de< brutes qu'à des hommes, puisque l'Église catholique ne pro* clame saint que celui dont les miracles sont attestés par l'infaillible déposition de plusieurs témoins anciens? J*ai vu un fait assurément miraculeux ; la vue rendue h un aveugle par la sainte Vierge. Dans TApulie, autrefois la grande Grèce, est une ville nommée Praesicium, b quelque distance de ma patrie; dans un foubourg de cette ville on trouva une statua de la Vierge , qui reçut de la religion de tous les hommages glorieux qui lui étaient dus. Instruit anssiti^t de l'événement, on aveugle, conduit par un enfant ou par une petite chieqne, se rendit en toute bâte à la chapelle, se prosterna aux pieds de la Vierge, et s'endormit après avoir prié ; à son réveil il se trouva dans la lumière, mais en se levant il s'aperçut qu'il était boiteux. Voyageant en Allemagne, j'opposai ce fait k un athée, qui, sans rejeter moo témoignage , voulut me prouver subtilement par deux raisons qu'il n'y avait 1^ aucun miracle. La première était que le fait provenait de l'influence de l'astre qui dominait la chapelle : ce qu'il s'efforça de me prouver de cette manière : Les images des saints font quelquefois dix miracles en un jour, et {larfois un seul à peine en dix ans, ce qui ne provient que de la dispasition et de l'influence des astres. En outre , elles brillent e& un certain lieu par des miracles, et tranq;)ortéeB ailleurs elks n'en produisent que moins fréquemment , et même point do tout. C'est ^onc aux localités qu'il faut attribuer la v^tu de fab-e des miracles , et par conséquent h l'influence des astres. Mais cette objection est puérile et de nulle valeur ; car ce même lieu fut depuis la création du monde soumis 2i l'action des astres; pourquoi donc, avant cette époque, n'y a-t-on vu oo eptendu aucun miracle? L'athée me demanda à quel concoors d'astres je croyais la statue soumise ; je confessai sans peine que je l'ignorau, ayant seulement appris que mon pays est soumis au Lion et au Soleil, d'oi\ Ptolémée {liv. U) lui attribue Ifl noblesse, la bienveillance et l'amitié.

oBinraBs ^ hilosoppiûd^ Pb tanuti. 47

Ea second lîeii, îl alléguait le désir véhément qui agitait Tayeiigle , et il me citait en exemple ce fils muet de naissance , qui voyait Je roi ^on père menacé par le fer ennemi, dut Vn-f sage de }a parole au désir ardent qu'il avait de secourir son père. Jespuriais. Pourquoi riez-yous? dit>il. — Un astrologue comme vous, dis-je, ne rougit-il pas de rapporter à la force de Tim^gin^tion ce qu'il pourrait plus commodément attribuer aux astres, comme le dit Ptolémée, liy. m du Jug. des ast : «Tous » ceux qui sont sous Tinfluence de Saturne çt de Mercure se » rencontrant avec le Soleil dans les angles décrits, ont la lan- » gue embarrassée et sont affligés du bégayement ; mais isur- » tout quand Mercure est à FOcçident, et que tous deux sont » formés avec la Lune. Si par hasard Mars vient s*y joindre , » il peut délier la langue quand il est rencontré par la Lune. » Ces paroles, dit Cardan dans son exposé , peuvent donner aux hérétiques de la confiance dans Tastrologie.

Admettons que la force du sentiment ait pu faire parler un muet , je nie qu'il puisse agir aussi efiicacement sur up aveu-:» g^e. Tout l'extraordinaire consiste, pour le premier, à briser le lien qui enchaîne la langue, ce qu'npe agitation violenta peut produire sur nous^ comme l'atte^te le fajit pHé p^r Poippooat; niaîsjdonner la vue à un aveugle est une affriire bien plus gravie ; il s'agit de la formation des yeux et de leurs délicates membranes. Il objectait encore que l'aveugle gçéri ^tait devenu boiteux ; ce n'était donc pas un miracle divin qui l'avait favorisé s car Dieu n'a pas pour habitude de punir et de récompenser en même temps. Ce fut l'œuvre 4e la nature : en e|fet, l'aveugle rassemblant dans son imagination tout ce qu'il avait de fcM'ces, et la nature, obéissant à la volonté bumaine, s'eniparant de toutes ses forces, produisit l'organe merveiliepxda la vue, et méprisa les parties moins nobles dii cprps , comme les pieds. Le ciel ne s'y opposait pas, car le patient était sous l'empire de la Lune : quand celle-ci influe sur les nœuds et les jointures on qpi*elle se trouve dans les signes nuisibles comme le Bélier, le Taureau, le Cancer, le Capricorne et le Scorpion, elle rend Içs hommes boiteux, suivapt Ptolémée (liv. iii).

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