CHAPITRE VI
Si l’âmc humaine pense toujours.
4i3. Descartes a prononcé que l’Ame pense toujours, et même que c’est dans cet exercice actuel que consiste son essence; mais sur ce fait il ne paraît pas qu’il ait eu aucune preuve invincible.
C’est un point d’expérience auquel il faudrait que tous les moments de notre vie rendissent témoignage; et c’est évidemment ce qui n’arrive pas. Nous ne i)Ouvons nous souvenir de ce qui s’est passé en nous , soit au tem{)S d’un sommeil profond, soit au temps que nous avons été renfermés dans le sein de notre mère. Nous ne sommes donc pas en état do nous rendre à nous-mêmes témoignage que nous ayons pensé durant ce tcmps-là.
44i. Quelques-uns disent que l’àme étant toujours unie au corps, ne saurait être au moins sans le sentiment de ce corps, et sans l'impression de sensation que le corps fait sur l’àme ; puisqu’il para't (jue c’est en cola même (]ue consiste notre vie, et l’union de notre corps et de notre âme. Mais, quelque plausible que paraisse cette difliculté, il n’est point évident que notre vie et l’union de notre corps avec notre ârne, consiste dans cette impression actuelle de sensation. H est vrai qu’on ne peut rien dire de contraire qui soit jjlus certain , selon les idées naturelles; mais ni l’une ni l’autre oj)inion n’est assez certaine pour obliger à prendre parti de côté ou d’autre. La suspension de jugement dans les choses (jui ne sont pas claires, et sur lesquelles on n’est point obligé de se déterminer par rapport à la conduite, est la pratique la plus
TBAlTf; DES PREMIERES VÉRITÉS.
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snro où piiisso s’aUaclier un espiil juilicioux. C’est dans cotle vue que je vais ajouter le cliapitre suivant.