‹ Œuvres philosophiques du père Buffier de la Compagnie de JésusChapitre 101 sur 138 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Dr no (|ui nous est naturcllomenl nonnti dans les autres propriétés de

notre rtme.

Rien ne donne une impression plus pernicieuse à l'esprit, que de lui faire prendre une pensée obscure pour une vérité réelle. C’est ce qui est arrivé à tous ceux qui, voulant parler des facultés et des opérations de notre ùme, en ont avancé plus que ce qui est connu par l’expérience ou ]var un raisonnement tiré de rex|)érience.

416. Il ne sert donc à rien de recliercher en quoi consiste la mémoire et les habitudes de l'àme; tout ce qu’on a voulu dire à ce sujet n’étant (ju’un jeu de l’imagination. En effet, quand on a beaucoup parlé de traces dans le cerveau, (pii se forment et s'enfoncent par le cours des esprits animaux et tpii se retracent par un nouveau cours des esprits dans un nn'me canal, a-t-on rien ('•clairci? L’on a fait naître mille difncultés nouvi'lles, pour une qui se présentait d’abord. On a donc fait pis, en ce point, que les anciens philosophes, av('c leurs termes et leurs quaUtps occultes ; car au moins ils ne disai('nt qu’un mot où l’on ne concevait rien, et qui ne signiliant guère autre chose que je n’y vois youtle, pouvait faire prendre tout d’un coup son parti. Mais ici Descartes et les siens ont donné des imaginations pour des preuves, et des faits supjK)S('*s pour de véritabU's. Qui a jamais vérifié ces traces dans le cerveau? On les a admises, sous prétexte (pi’on ne di.>^it rien de meilleur. Du moins on pouvait faire (piehjue chose de meilleur ; c’était de ne rien dire sur dos sujets où l’on ne peut rien savoir. Fallait-il ajouter au désagrémi'nt (le ne pouvoir être instruit , la peine d’étre embarrassé?

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