M U CETTE >OVV£LLE EDITION
Qtioi(iue je n’aie fait aucun ouvrage qui ait paru plus au goût des personnes dont l’approbation soit capable de me flatter que {'Examen îles Préjugés vulgaires, quelques-uns cel)cndant ont paru l’approuver moins par un endroit ; ils in- , sinuaient que ce notait qu’un amusement ingénieux, peu convenable à un homme qui ne doit s’occuper qu’à des choses utiles. Je serais plus sensible qu’un autre à leur reproche s’il était bien fondé ; mais , autant que je respecte leur zèle , autant puis-je me plaindre de leur inattention. Ils ont confondu le style de ce livre avec ce qui en fait le fond. L’un i)eut passer pour amusement , l’autre c^t un vrai exercice de métaphysique et de logique, pour regarder chaque chose par les divers jours dont elle est susceptible, et pour faire l'analyse la plus exacte de nos idées et de nos jugements. D’ailleurs, c’est en un sens faire un grand éloge de cet ouvrage que de le regarder comme amusant, tandis qu’il contient véritablement l’exercice des sciences les plus épineuses ; car c’est reconnaître que j’aurais trouvé le moyen de changer leurs épines en ileurs, et ce qu’elles ont de fatigant en ce qui peut divertir l’imagination. En effet, je ne crois pas qu’on puisse rien ajouter à la précision et à l’enchaînement des raisonnements et des objections dont je remplis chacun des sujets que je traite. La manière facile et peut-être égayée dont j’ai ici exposé les choses, n’est que pour montrer comment d'un côté on peut rendre sensibles les matières les plus abstraites; et
AVERTISSEMENT
comment, d’un autre côté, les esprits qui s’en croient le moins capables, pourraient en prendre l’habitude et môme y trouver de l’agrément.
Pour ce qui regarde le fond même des sujets , on n’en jk)u* vait guère choisir de plus intéressants ni de plus propres à former l’esprit et les mœurs; c’est ce qu’on verra en cette édition , où je mets à la fin de chaque sujet deux sortes d’additions ; l’une est une Analyse métaphysique et logique pour rapprocher la suite des idées et des raisonnements d’où résulte chaque vérité, l’autre est VUsage qu’on peut en tirer par rapport à la conduite de la vie ou aux principes do la littérature. Par là on aura, comme quelques-uns l’ont demandé, l’application de divers principes énoncés dans le Traité des premières vérités.
EXAMEN