‹ Œuvres philosophiques du père Buffier de la Compagnie de JésusChapitre 6 sur 138 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De ceux qui n'ndmettenl pour règle de vérité que le sentiment de ce que nous éprouvons en nous-mêmes.

\ i. Bien que ce que j’ai avancé au chapitre prr'cédent contre les sceptiques se réduise à |)eu de lignes, i)cut-être aura-t-il encore semblé superflu ; tant leur folie est reconnue et méprisée universellement. Mais si l'on n’y donne pas de nos jours, on peut dire au moins que jamais on ne s’est plus approché de leur opinion , puisque, à la réserve de cette première règle ou source de vérité qui se tire de notre sentiment intime, certains philosophes de ce tenq)s n’ont p«as daigné reconnaîtn* ni admettre d’autres genres de vérité et d’évidence.

15. Ainsi, quand on leur demande s’il est évidemment certain (pi’il y ait des corps et que nous en recevions les impressions, ils répondent nettement que non, et que nous n’avons là-dessus aucune certitude évidente, puisque nous n’avons jH)int ces connaissances par un sentiment intime de notre l)ropre expérience, ni par aucune conséquence nécessaire qui en .soit tirée : c’est ce qu’un philosophe anglais n’a point fait difficulté de publier.

doute mCme enferme la vérité inébranlable de leur pensée et de leur existence, il déprécie par une véritable contradiction le je pense, donc je suis, dont il vient lui-méme de faire usage et de démontrer la valeur.

16. D’aiUmrs on no pont souitoonnor qnollo antro corfitudc ovidonto admottraiont cos pliilosophos. Sorait-oe le f(^moi,<;na"e dos sons, la n^élation divino, l’autorité humaine? Serait-ce enfin l’impression immédiate de Dieu sur nous?

17. Le témoi<înau:o dos sons étant corporel. H no saurait être admis parmi ceux qui, jiar avance, n’admetU'nt pas l’existence dis corjis. La rt'vélation divine et l’autorité humaine ne font encore impression sur nous, que par le témoignage d(*s sens; c’est-à-dire, ou de nos yeux qui ont vu les miracles du Tout-Puissant, ou de nos oreilles qui ont entendu les discours des hommes qui nous parlent de la part de Dieu.

18. Enfin, l’impression immédiate de Dieu suppose un Dieu, et un être diflérent de moi. Mais si le sentiment intime de ce qui se passe on moi est la seule chose évidente, tout ce qui ne sera pas formellement ce sentiment intime ne sera point évident jKnir moi.

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