‹ Œuvres philosophiques du père Buffier de la Compagnie de JésusChapitre 96 sur 138 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De Pacte d'entendement requis pour l’cxercice de la volonté libre.

420. Tout le monde s’accorde à dire que la volonUi est une puissance aveugle, qui n’agit qu’aiitant qu’elle est guidée par une lumière ou un acte de l’entendement. On s’accorde également à dire que la volonté ne peut se porter qu’à ce qui est bon , d’où le commun des philosophes conclut que l’entendement doit montrer à la volonté ce qui est bon avant qu’elle s’y porte et qu’elle agisse.

421 . D’ailleurs, comme on avoue unanimement encore que l’entendement est une puissance nécessaire, et que nous ne semmes pas maîtres de la lumière qu’il fait luire à la volonté, quelques-uns par là s’imaginent qu’il ne se trouve pas en nous une vraie liberté ; puisque la volonté nécessairement agit toujours conformément à la lumière de l’entendement , et que nous ne sommes pas maîtres de cette lumière.

422. Plusieurs, pour expliquer ce mystère , disent que dans toutes les délibérations de la volonté (c’est-à-dire dans les occasions d’exercer la liberté), pour agir ou ne point agir, pour vouloir ou ne point vouloir, l’entendement fait luire deux sortes de lumières, dont chacune montre à la volonté ce qui est bon de chaque côté ; sur quoi , par l’elTicace de sa liberté, elle se détermine de son plein gré d’un côté ou d’un autre. Ces deux sortes de lumières sont des jugements appelés jugements pratiques, à cause qu’ils règlent la praticjue actuelle de la volonté; tels à peu près (juc seraient les sui-

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