‹ Œuvres; poésie, poèmes en proseChapitre 28 sur 59 · OBÉRON · texte numérisé non relu

OBÉRON

Que veux-tu donc ? Vas-tu me demander encore Une robe trempée au gouffre de l'aurore?

Veux-tu boire du clair de lune ? Te faut-il Qjielque voile tissé d'une brume d'avril ?

Faut-il que pour parer ton front et tes oreilles Je prenne aux nuits d'été des étoiles vermeilles ?

ORIANE

Non, ni joyaux du ciel, ni robe 1 Mon souhait,

C'est de n'être plus seule avec le bois muet.

Roi, je veux qu'un jeune homme à la lèvre attendrie

L£ cox Frzrxi

Volaptaensement aie poxie et sm Déliez ce serment cratl qâ me A t u^ D'appazaitie. Je veux que là-los ia crÂ:

Voie au fond de la nnit éternelle da -^-r^^ Ma gorge resplendir amunc une oirtè bjooie :

Je Yeux liTrer an Tent leiiesu e mes %±»cvezx.

OBÊROX.

Vous voulez être femme, Oriane ! Ces voenx

Sont indignes de vons ! Onnmcnt ! toos êtes fie.

Vous pass^ dans le soir, Inmincnse et coiffic

De rayons ; vous cueillez tontes ks fleurs du âd.

Vous saccagez, comme un enfuit Toleur de miel.

Le nuage rempli de clarté saTOureuse !

Et puis, vous voulez être, hélas 1 quelque amoureuse.

Quelque iille rôdant le soir furtivement

Dans l'ombre des chemins, au bras de son amant.

Et vous vous éprendrez, ô ma blanche Oriane,

Comme Titania, d'un rustre à tête d'âne 1

ORIANE, ira grave.

Aucun philtre, ô mon roi 1 n'a troublé ma raison. Moi, déchoir ! Non : Je suis de trop noble maison. Étant née, un printemps, d'une perle enchantée. Mais vous ne m'avez pas, sire, assez écoutée. Car je veux apparaître, un seul jour, un moment. Pour qu'un enfant plaintif m'appelle éperdument Et pleure de me voir...

Suppliante.

Un seul jouri Qjie t'importe?

Puis il me verra fuir comme une étoile morte Q^i s'engloutit dans la tristesse de la mer.

Et son cœur gardera comme un parfum amer Le souvenir mortel de ma lèvre illusoire.

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