NÉRON, NARCISSE
NARCISSE
Seigneur, j'ai tout prévu pour une mort si juste '^ :
^ Le plus grand éloge du discours de ^urrhus, c'est qu'il parvienne à toucher Néron même, et qu'on n'en soit pas surpris; comme le plus grand éloge de la scène suivante , c'est qu'on la suppcnrte après celle-ci ; car c'est le comble de l'art que de faire supporter Narcisse. Au reste , il est remarquable que c'est la curiosité seule qui soutient cette scène. Gomment Narcisse fera-t-il pour ramener Néron de si loin? Voilà ce que tout le monde se dit en le voyant aborder Néron au fort de l'émotion dont il n'a pas été le maître , et qui dure encore. ( L.)
' Voltaire a critiqué le rôle de Narcisse. Ge n'est pas qu'il n'y ait remarqué un art fait pour servir de modèle dans les rôles de cette 6s> pèce, il ne pouvait pas s'y tromper; mais il voudrait que Nardsse eût un plus grand intérêt à faire le nud , qu'il ^fût intéressé à la fierté de Briiannicus. G'est demanda, en d'autres termes, que Narcisse soit dans la pièce un personnage plus considérable qu'il ne Test; et cela se pouvait-il? L'intérêt relatif de chaque personnage est toujours propilonné à la {rface qu'il occupe dans le plan et dans l'action; et l'affranchi Narcisse a-t-il besoin , pour être méchant, d'un autre intérêt que celui qui rendait ses pareils si puissants et si dangereux dans Rome , l'intérêt de dominer son maître en flattant ses vices et servant ses passions? Gelui-Ià n'est-il pas suffisant pour l'homme et pour le rôle,, soii dans l'ordre moral ^ soit dans la théorie dramatique? ( L. )