ACTE IV, SCÈNE IV. îS
Le poison est tout prêt. La fameuse Locuste *
A redoublé pour moi ses soins officieux :
Elle a fait expirer un esclave à mes yeux;
Et le fer est moins prompt^ pour trancher une vie^
Qae le nouveau poison que sa main me confie.
irÉEON.
Narcisse^ c'est assez; je reconnais ce soin , Et ne souhaite pas que vous alliez plus loin.
NAKCISSE.
Quoi ! pour Britannicus votre haine affaiblie Me défend...
NÉKON.
Oui^ Narcisse : on nous réconcilie.
NARCISSE
Je me garderai bien de vous en détourner*^ Seigneur. Mais il s'est vu tspt6t emprisonner : Cette offense en son cœur sera longtemps nouvelle. Il n'est point de secrets que le temps ne révèle : Il saura que ma main lui devait présenter Un poison que votre ordre avait fait apprêter. Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire ! Mais peut-être il fera ce que vous n'osez faire.
NÉRON
On répond de son cœur; et je vaincrai le mien.
' Racine s'est œufonné à Thistoire» en faisant préparer par Locuste le poison dont périt Britannicus. Suétone dit que Tépreuve de ce poison fut d'abord faite sur un bouc, ensuite sur un porc. Locuste était logée dans le palais de Néron ; il la comblait de présents , il la faisait travailler devant lui ; enfin il exigea qu^élle fit des élèves dans son art.
' n reconnaît donc que c'est un crime : il a cependant appelé cette mort unit mort si jiale. Quand il voit son maître changé , il change de ^gage ; et en rassurant qu'il ne veut pas le détourner de la réconciliation, il va le pousser au crime, n commence par inspirer à Néron des craintes , et il l'irrite ensuite contre Âgrippine , Burrhus et Sénèque, sans paraitara en avoir le dessein. (L. R.)
NAftClSSB.
Et rhymen de Jonie en esirïk le lien?
Seigneur^ lui faiteB-vous encorce sacrifice?