SCÈNE III
ANTIOCHUS, ARSACE
ANTIOCHUS
Arsace , entreron^nous ?
ARSACE
Seigneur^ j'ai vu la reine; Mais, pour me faire voir, je n'ai percé qu'à peine Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur Qu'attire sur ses pas sa prochaine grandeur ^.
* Ces amants fidèles sans succès et sans espoir n'intéressent jamais. Cependant la douce harmonie de ces vers naturels fait qu*on supporte Antiochus : c*est surtout dans ces faibles rôles que la belle versification est nécessaire. Quelques vers plus haut, belle reine a passé pour une expression fade. (Volt. )
' Var. Non : loin de s'offenser, eUe pourra me plaindre.
^ Beaucoup de lecteurs réprouvent ce long monologue. Il n!est pas naturel qu^on fesse ainsi tout seul Thistoire de ses amours, qu'on dise : « Je me suis tu cinq ans; on m'a imposé silence; j'ai couvert mon « amour d'un voile d'amitié. » On pardonne un monologue qui est un combat du cœur, mais non une récapitulation historique. (Volt. )
^ La prose n'eût pu exprimer cette idée avec la même précision, ni se parer de la beauté de ces figures : c'est là le grand mérite de la poésie. Cette scène est parfaitement écrite , et conduite de même ; car il