ACTE I, SCÈNE IIÎ
Ont rendu Bérénice ingrate i voe bontés ^ L'inimitié 9uoeède à l'amitié trahie.
ANTIOCHUS
Non^ Arsace, jamais je ne l'ai moins bal^.
Quoi donc! de sa grandeur déjà trop prévenu , Le nouvel empereur vous a-t-il méconnu?
Quelque pressentiment de son indifférence Voas fait^Uoin de Rome éviter sa présence?
ANTIOGHirS.
Titus n'a point pour mm paru se démentir : J'aurais tort de me plaindre.
AESACE.
Et pourquoi donc partir?
Quel caprice vous rend ennemi de vous-même? Le ciel met sur le trône un prince qui vous aime ^ Un prince qui^ jadis témoin de vos combats^ Vous vit chercher la gloire et la mort sur ses f>as , Et de qui la valeur^ par vos soins secondée^ Mit enfin sous le joug la rebelle Judée. Il se souvient du j/cnx illustre et douloureux Qui décida du sort d'un long siège douteux. Sur leurs triples remparts las ennemis tranquilles Contemplaient sao^ péril nos ^sauts inutiles ; ïje bélier impuissant les meoaçait en vain : Vous seul , seigneur, vous seiû , uœ éoheUe à la main , Vous portâtes la mort jusque sur leurs mumilles. Ce jour presque éclaira vos propres £unér«uUes' : Titus vous embrassa mourant entre mes bras , Et tout le camp vainqueur plaira v^tre ttéfas.
' Ingrate à vos tesMf : ctMaiomition ^csiliiquée par d'ûUnt » a c^né»nt été adoplée^DB la poésie. YolteioeaAafinbuiiiicBseirèft-hmreux ( se. m , ael. Ht é» MiÊh»m9ày «tsc. w, nAm if' éêtÊ MtmtéaCmûr. )
' Preique èchira est dur; et l'inversion est malheuMasa. ( 6. )
23à BERENICE.
Voici le temps , seigneur^ où vous devez attendre Le fruit de tant de sang qu'ils vous ont vu répandre. Si^ pressé du désir de revoir vos États y Vous vous lassez de vivre où vous ne régnez pas , Faut-il que sans honneurs TEuphrate vous revoie ^ ? Attendez pour partir que César vous renvoie Triomphant et chargé des titres souverains Qu'ajoute encore aux rois l'amitié des Romains*. Rien ne peut-il, seigneur, changer votre entreprise? Vous ne répondez point!
ANTIOGHUS.
Que veux4u que je dise?
J'attends de Bérénice un moment d'entretien.
ARSACR.
Hé bien , seigneur?
AKTIOCHCrS.
Son sort décidera du mien.
ARSAGE.
Comment?
ANTIOCHUS
Sur son hymen j'attends qu'elle s'explique. Si sa bouche s'accorde avec la voix publique, S*il est vrai qu'on l'élève au trône des Césars, Si Titus a parlé, s'il l'épouse , je pars.
ARSACE
Mais qui rend à vos yeux cet hymen si funeste?
ANTIOCHUS
Quand nous serons partis, je te dirai le reste.
ARSACE
Dai^s quel trouble, seigneur, jetez-vous mon esprit!
* Var. Fau(-il que tans hoimear TEoplmte tous revoie?
' Ajimter des titres aux rots, poor ajouter des titres au titre lU rot» est unô ellipse adÉ&irable, qui peint arec énergie la supériorité du peuple romain sur les rois. (G. )