‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 152 sur 326 · RAG|7«B. — T. II · texte numérisé non relu

RAG|7«B. — T. II

Quel succès attend-on d'un amour si fidèle?

PA0LIN

Vous pouvez tout : aimez^ cessez d'être amoureux, La cour sera toujours du parti de vos vœux.

TITUS

Et je Tai vue aussi cette cour peu sincère* ,

je Tavoue» que toutes les petites fiiiblesses ou naïvetés de diction que cet illustre commentateur a reprises avec plus ou moins de justice. Non-seulement le$ ioupirs que je pousse est d'un berger de YAstrèe plutôt que d'un empereur de Rome, mais le défaut d'harmonie se joint ici à la fadeur du style. Pousse pour eUe fait mal à toute oreille délicate. ( L.) — La Harpe aurait pu étendm sa remarque au vers suivant , et observer ici que le mot fidèle ne s'emploie , en parlant des choses, que pour signifier conforme à la vérité ; on dit rèdt fidèle , compte fidèle , etc. Le mot propre était roiutanf . La fidâité suppose toujours un enga^ment ; elle tient aux procédés , et la constance aux sentiments.

' Rarement Racine tombo-t-il longtemps; et, quand il se relève, c'est toujours avec une élégance aussi noble que simple , toujours avec le mot propre ou avec des figures justes et naturelles, sans lesquelles le mot propre ne serait que de l'exactitude. La réponse de i^uUn est un chef-d'œuvre de raison et d'habileté : eUe est fortifiée par des faits» par des exemples; tout y est vrai, rien n'est exagéré; point de cette enflure qui aime à représenter les plus grands rois avilis en présence d'un bourgeois de Rome. Le discours de Paulin n'en a que plus de force. Il annonce la disgrâce de Bérénice. Racine et Corneille ont évité tous deux de faire trop sentir combien les Romains méprisaient une Juive. Us pouvaient s'étendre sur l'aversion que cette misérable nation inspirait k tous les peuples ; mais l'un et l'autre ont bien vu que cette vérité trop développée jetterait sur Bérénice un avilissement qui détruirait tout intérêt. ( Volt. ) — Il me semble voir dans cette note plus de cette aversion particulTère que Voltaire avait contra les Juifs , que de véritable critique. On ne voit pas , dans les historiens , que la qualité de iwkve soit entrée pour rien dans les motife qui combattaient l'amour de Titus. Quand même Racine se serait cru obligé d'en parler, il avait asset d'art pour éloigner tout avilissement^ et surtout il était impomUe que cet avilissement allât jusqu'à détruire tmi rintérét 4e la paflBk>n et de la situation de Bérénice : c'est une exagération intolérable. Les chrétiens n'étaient pas moins avilis chez les Romains que les Juifs : voye; comme on en parle dans Polyeutte, et si cet avilissement a iHruit t&ut rintiréf .«

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