‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 158 sur 326 · TITUS, BÉRÉNICE, PAULIN, PHÉNICE · texte numérisé non relu

TITUS, BÉRÉNICE, PAULIN, PHÉNICE

BÉHBNIGE.

Ne vous offensez pas si mon zèle indiscret De votre solitude interrompt le secret.

Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienfaits dont vous m'avez comblée. Est-il juste, seigneur, que seule en ce moment Je demeure sans voix et sans ressentiment*? Mais, seigneur ( car je sais que cet ami sincère Du secret de nos cœurs connaît tout le mystère) , Votre deuil est fini, rien n'arrête vos pas. Vous êtes seul enfin, et ne me cherchez pasl J'entends que vous m'offrez un nouveau diadème. Et ne puis cependant vous entendre vous-même. Hélas ! plus de repos, seigneur^ et moins d'éclat : Votre amour ne peut-il paraître qu'au sénat? Ah, Titus! (car enfin Tamour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte) De quel soin votre amour va-t-il s'importuner? N'a-t-il que des États qu'il me puisse donner?

' V4R. De vos nobles deudiis , seigneur, qu'il ▼ous souvienne.

' Ce mot est le seul employé par Racine qui ait été hors d^usage depuis lui. Besteittimait n^est plus employé que pour exprimer le sou-^ venir des outrages, et non celui des bienfaits. (Volt. ) — La première assertion n'est sans doute applicable qu'à la tragédie de Bérénice. Le commentaire indique les autres expressions qui ont vieilli ; elles sont en très-petit nombre.

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