‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 165 sur 326 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ANTIOGHUS, ARSACE.

ARSACE

Ainsi le ciel s'apprèt&à vous rendre justice r Vous partirez, seigneur, mais avec Bérénice.

' Oaii*« d'autre remarque à fîurB sur cette soène, smon qn'sUe est écrite aveo la mène él^;anoe qae le re^» et avec le même art. Antto* cbtts, ebargé par «on rival même de déclarer à Bérénioe que oe rivai aimé vancmce àeUe, devient alws un perseoflafe uu peaplua uéuetcaire «lu'il n'était. ( Volt. )

Loin de vous la ravir, on va vous la livrer.

ANTIOCHVS.

Arsace^ laisse-moi le temps de respirer. Ce changement est grande ma surprise est extrême : Titus entre mes mains remet tout ce qu'il aime ! Dois-je croire, grands dieux! ce que je viens d'ouïr? Et, quand je le croirais, dois^je m'en réjouir?

ARSAGE.

Mais , moi*mème, seigneur, que faut-il que je croie? Quel obstacle nouveau s'oppose à votre joie? Me trompiez-vous tantôt au sortir de ces lieux , Lorsque encor tout ému de vos derniers adieux , Tremblant d'avoir osé s'expliquer devant elle , Votre cœur me contait son audace nouvelle? Vous fuyiez un hymen qui vous faisait trembler ^ Cet hymen est rompu : quel soin peut vous troubler? Suivez les doux transports où l'amour vous invite.

AirriocBus.

Arsace ^ je me vois chargé de sa conduite ; Je jouirai longtemps de ses chers entretiens; Ses yeux même pourront s'accoutumer aux miens; Et peut^tre son cœur fera la différence Des froideurs de Titus à ma persévérance. Titus m'accable ici du poids de sa grandeur : Tout disparaît dans Rome auprès de sa splendeur; Mais, quoique TOiient soit plein de sa mémoire, Bérénice y verra des traces de ma gloire •.

' Un cœur qui conte son audace n'^est pas une expression heureuse. Fuyiez est dur : ce sont des mots que tout poète doit éviter. (G.)

' Sentiment noble qui relève Antiochus. Voici Toçcasion d*observer que les trois personnages de la pièce , s*iis n*ont pas toujours un langage tragique, ont du nunns une façon de penser élevée, généreuse : ce sont des âmes royales. Ils sont béros par le cœur et les sentiments, et semhloat disputer entre eux de grandeur d'âme. ( G. )

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