‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 184 sur 326 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Mais regardez plus loin : songez, en ce malheur, Quelle gloire va suivre un mqmeài de douleur , Quels applaudissements Funivers vous prépare , Quel rang dans Tavenir...

Tixrs.

Non^ je suis un barbare ; Moi-même je me hais. Néron , tant détesté, N'a point à cet excès poussé sa cruauté ' . Je ne souffrirai point que Bérénice expire.* Allons, Rome en dira ce qu'elle en voudra dire.

PAULIN

Quoi , seigneur !

TITUS

le ne sais, Paulin^ ce que je dis' .

L'excès de la douleur accable mes esprits.

PAUUN.

Ne troublez point le cours de votre renommée : Déjà de vos adieux la nouvelle est semée' ; Rome , qui gémissait, triomphe avec raison ; Tous les temples ouverts fument en votre nom; Et le peuple, élevant vos vertus jusqu'aux nues *, Va partout de lauriers couronner vos statues.

* Antre exagération paérile. Queiie comparaison y a-^il à faire cKun homme qm* n'épouse point sa maîtresse , à nn monstre qm fait assassiner sa mère? (Volt.)

' Dire et dis font un mauvais efTet. Je ne sais ce que je dis est du style comique; et c^ôtait quand il se croyait pTus austère que Brutus et plus cruel que Néron quTl pouvait s'écrier : Je ne sais ce que je dis. (Volt. ) — Ces fraits, peut-être trop naturels , peignent naïvement le désordre lie Titus. Ce sont de ces négligences que les grands hommes se permettent par le sentiment même db leurs forces. (6. )

' Vab. fifligafiOR, 4» voftadien la nouvello efftsemée.

• Ni cette expression , ni cette cacophonie, n« sçmWent dignes de Racine. ( Voit. )

TITUS

Ah, Rome l Ah , Bérénice 1 Ah , prince malheureux ! Pourquoi suis-je empereur? Pourquoi suis-je amoureux *?

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