‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 185 sur 326 · TITUS, ANTIOCHUS, PAULIN, ARSACE · texte numérisé non relu

TITUS, ANTIOCHUS, PAULIN, ARSACE

ANTIOCHUS

Qu'avez-vous fait, seigneur? l'aimable Bérénice Va peutrétre expirer dans les bras de Phénice. Elle n'entend ni pleurs, ni conseil, ni raison' ; Elle implore à grands cris le fer et le poison. Vous seul vous lui pouvez arracher cette envie ' : On vous nonmie, et ce nom la rappelle à la vie. Ses yeux, toujours tournés vers votre appartement , Semblent vous demander de moment en moment. Je n'y puis résister, ce spectacle me tue. Que tardez-vous? allez vous montrer à sa vue*. Sauvez tant de vertus, de grâces, de beauté, Ou renoncez, seigneur, à toute humanité. Dites un mot.

' Tous ces actes finissent froidement , et par des vers qui appartiennent plus à la haute comédie qu'à la tragédie. Il ne doit pas demander pourcluoi il est empereur. Amoureux est une idylle; amoureux est trop général. Pourquoi dois-Je quitter ce que je dois adorer? Pourquoi suis-je forcé à rendre malheureuse celle qui mérite le moins de l'être? Cest là ( du moins je le crois ) le sentiment qu'il devait exprimer. ( Volt. )

' Ce mot pleurs, joint avec conseil et raison y sauve rirrégularité du terme entendre. On n'entend point des pleurs ; mais ici n'attend signifie ne donne point attention. ( Volt. )

* *CetU envie n'est point le mot propre ; cette expression est môme presque ridicule. Et plus bas, vers votre appartement et de moment en moment sont deux hémistiches bien faibles ; mais la situation semble exiger un style simple et naturel. ( G. )

* Var. AUez f seigneur, allez vous montrer à la vue.

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