ACTE V, SCÈNE VI
Oui^. madame; et je dois moins encore vous dire
Que je suis prêt pour vous d'abandonner l'empire.
De vous suivre, et d'aUer, trop content de mes fers,
Soupirer avec vous au bout de Tunivers.
Vous-même rougiriez de ma lâche conduite :
Vous verriez à regret^mareher à votre suite
Un indigne empereur sans empire , sans cour.
Vil spectacle aux humains des iaiblesses d'amour ^
Pour sortir des tourments dont mon âme est la proie.
Il est, vous le savez, une plus noble voie; "
Je me suis vu, madame, enseigner ce chemin.
Et par plus d'un héros, et par plus d'un Romain :
Lorsque trop de malheurs ont lassé leur constance ,
Us ont tous expliqué cette persévérance
Dont le sort s'attachait à les persécuter,
<]oinme un ordre secret de n'y plus résister.
Si vos pleurs plus longtemps viennent frapper ma vue ,
Si toujours à mourir je vous vois résolue ,
S'il faut qu'à tout moment je tremble pour vos jours.
Si vous ne me jurez d'en respecter le cours .
Madame, à d'autres pleurs vous devez vous attendre ;
En l'état où je suis, je puis tout enteeprendre :
Et je ne réponds pas que ma main à vos yeux
N'ensanglante à la fin nos funestes adieux.
Hélas !
TITUS
Non, il n'est rien dont je ne sois capable. Vous voilà de mes jours maintenant responsable. Songez-y bien, madame : et si je vous suis cher...
' Tout ce que dit Titus est d'une éioqofiEiûe admirable : le seatiment , la DObleaM, la tnenséanoe , rextréme élégance du style, tout se réunit pour feira de ce diecoofs un des aoroeeux qui faonarent le plus netre langue poétique. (G.)