TITUS, BÉRÉNICE, ANTIOCHUS
TITUS
Venez, prince, venez, je vous ai£ait chercher. Soyez ici témoin de toute ma faiblesse ; Voyez si c'est aimer avec peu de tendresse. Jugez-nous.
ANTIOCHUS
Je crois tout : je vous connais tous deux. Mais connaissez vous-même un prince malheureux * . Vous m'avez honoré , seigneur, de votre estime ; Et moi, je puis ici vous le jurer sans crime, A vos plus chers amis j'ai disputé ce rang ; Je l'ai disputé même aux dépens de mon sang. Vous m'avez malgré moi confié, Tun et Tautre , La reine son amour, et vous, seigneur, le vôtre. La reine, qui m'entend, peut me désavouer ; Elle m'a vu toujours ardent à vous louer. Répondre par mes soins à votre confidence. Vous croyez m'en devoir quelque reconnaissance ; Mais le pourriez-vous croire, en ce moment fatal' . Qu'un ami si fidèle était votre rival ' ?
TITUS
Mon rival !
ANTIOCHUS
Il est temps que je vous éclaircisse.
' Var. ... Je crois tout : je connais votre amour.
Hais vous, connaissez-moi , seigneur, à votre tour.
^ Var. Hais croiriez-vous, seigneur, en 06 moment fatal...
^ Cet aveu généreux d'Antiochus ajoute encore à Tintait de la situation. Cette réunion de trois malheureux , qui semblent disputer entre eux de générosité, forme un dénomment d'une espèce unique dans la tragédie. (G.)