FIN DE BÉRÉNICE
TRAGEDIE
lAUM. — T. 11. 20
Quoique le sujet de cette tragédie ne soit encore dans aucune histoire imprimée^ il est pourtant très-véritable. C'est irne aventure arrivée dans le sérail^ il y a plus de trente ans. M. le comte de Cézy était alors ambassadeur à Ck>nstantinople. Il fut instruit de toutes les particularités de la mort de Bajazet ; et il y a quantité de personnes à la cour qui se souviennent de les lui avoir entendu conter lorsqu'il fut de retour en France. M. le chevalier de Nantouillet est du nombre de ces personnes, et c'est à lui que je suis redevable de cette histoire , et même du dessein que j'ai pris d'en former une tragédie. J'ai été obligé pour cela de changer quelques circonstances; mais comme ce changement n'est pas fort considérable y je ne pense pas aussi qu'il soit nécessaire de le marquer au lecteur. La principale chose à quoi je me suis attaché , c'a été de ne rien changer ni aux mœurs ni aux coutumes de la nation; et j'ai pris soin de ne rien avancer qui ne fût conforme à l'histoire des Turcs et à la nouvelle Relation de l'empire ottoman^ que l'on a traduite de l'anglais. Surtout je dois beaucoup aux avis de M. de La Haye^ qui a eu la bonté de m'éclaircir sur toutes les difficultés que je lui ai proposées.
' Cette préface est celle que Racine mit en tôte de la première édition de la tragédie de Bajwut , imprimée sepaiément, et publiée le 20 lévrier 1672 , six semaines après la première représentation.