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Ma foi , sur Taveiiir bien fou qui se fiera : Tel qui lit yendredi , dimanche pleurera. Un juge ^ Tan passée me prit à son senrice; Q m'avait fait venir d'Amiens pour èire suisse. Tous CCS Normands voulaient se divertir de nous : On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups. Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre. Et je fjBÔsais claquer mon fouet tout comme un autre.
' Entre Anâromaque et BrUamtieus, les PkAâeurs sont un slngttlMr intermède. L^anteur en parle comme d*im amusement de sociM, froit de )a lecture des Guêpes d'Aristophane, et du long ennui d*un intenmnable procès. Mais si les amis de Racine lui fbumirent Tidée de quelques scènes , comme , par exemple , la querelle de Ghicaneau et de la comtesse de Pimbescbe» qui véritablement avait eu lieu entre madame de Crissé et un plaideur de profession, chez M. Boileau le greffier ; sll fat obligé, icomme Molière, d'emprunter des experts les termes de la chicane, dont le dictionnaire n*était pas fort à son usage, on aurait grand tort d*en condure que la pièce est de plusieurs mains : le style prouve que tout est d'une seule et même plume ; et ce qui distingue cette espèce &b comédîe-&rce entre toutes les autres , c*est que le style est celui de la bonne comédie, le naturel élégant et facile, animé par une gaieté finmcfae, et assaisonné de ce sel piquant sans àcreté que la muse comique jette à plemes mains sur les travers et les ri&ules, quil est toujours bon de si- ^er, quand même on ne les corrigerait pas. ( L. )
Tous les plus gros monsieurs me parlaient chapeau bas ' ; Monsieur de Petit-Jean^ ah! gros comme le bras! Mais sans argent Thonneur n'est qu'une maladie. Ma foi^ j'étais un franc portier de comédie : On avait beau heurter et m'6ter son chapeau , On n'entrait pas chez nous sans graisser le marteau. Point d'argent, point de suisse; et ma porte étail close. Il est vrai qu'à Monsieur j'en rendais quelque chvse : Nous comptions quelquefois. On me donnait le soin De fournir la maison de chandelle et de foin ; Mais je n'y perdais rien. Enûn^ vaille que vaille , J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille. C'est dommage : il avait le cœur trop au métier*; Tous les jours le premier aux plaids, et le dernier'; Et bien souvent tout seul, si Ton l'eût voulu croire, Il s'y serait couché sans manger et sans boire*.
' Molière, dans l'École des Femmes, s'était déjà servi de Monsieurs pour Messieurs. La Harpe remarque qu'il était plaisant de faire dire des Monsieurs à Petit-Jean, pour qui un Monsieur est quelque chose, et qui, en sa qualité de portier, connaît parfaitement la différence d'un homme à un MonHeur»
' // est trop éloigné de monsieur» auquel il se rapporte ; il y a six vers de distance du pronom au nom. Cette très-légère incorrection est couverte par la gaieté » la bonne plaisanterie , le vrai comique du style, dans tout ce monologue : il est long à la vérité au théâtre; mais la manière dont il est écrit le fait trouver court à la lecture. U faut convenir cependant qu'il n'est pas naturel que Petit-Jean vieime dans la rue pour dormir ; qu'avant de dormir il se parle si bngtemps. On s'aperçoit que le poète a besoin d'instruire le spectateur; et Petit- Jean ne songe qu'il a envie de dormir qu'après avoir débité ce qu'il est nécessaire de savoir pour l'intelligence de la pièce : il y a peu d'art dans cette exposition, mais beaucoup de vers que tout le monde sait par cœur, d'excellents vers de comédie , et des proverbes qui sont restés. (G. )
' Plaids est un vieux mot dont on a fait plaider^ et qui signifie aujourd'hui pfoidoiH^» audience. (L. R.)
* On lit dans quelques éditions : il y serait couché. L'abbé d'Olivet a fort bien observé la différence qu'il y a entre coucher et se coucher : le premier, tantôt actif, tantôt neutre , prend l'auxiliaire avoir : j'oi couché