‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 224 sur 326 · SCENE L · texte numérisé non relu

SCENE L

ATALIDE, ZAÏRE

ATALIDE

Zaïre , il est donc vrai , sa grâce est prononcée ?

ZAlRE.

Je vous Tai dit, madame : une esclave empressée Qui courait de Roxane accomplir le désir. Aux portes du sérail a recule vizir.

Ils ne m'ont point parlé ; mais, mieux qu'aucun langage. Le transport du vizir marquait sur son visage Qu'un heureux changement le rappelle au palais , Et qu'il y vient signer une éternelle paix. Roxane a pris sans doute une plus douce voie.

ATAUDE.

Ainsi, de toutes parts, les plaisirs et la joie M'abandonnent, Zaïre ^ et marchent sur leurs pas. J'ai fait ce que j'ai dû ; je ne m'en repens pas.

* ZAÏRE

Quoi, madame! Quelle est cette nouvelle alarme?

AXiUDE.

Et ne t'a-iron point dit, Zaïre, par quel charme. Ou , pour mieux dire enfin par quel engagement Bajazet a pu faire un si prompt changement*?

' Ici commence cette jalousie qui gâte tout, et qui, dans la situation donnée, n^a point d^excuse. Atalide elle-même a parfaitement expliqué, dans sa dernière conversation avec Bajazet , tout ce qui peut pendre ce changement très-simple et très-vraisemblable, sans qu'il y ait la moindre

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