ACTE III, SCENE I
Roxane en sa fureur paraissait inflexible ; A-t-elle de son cœur quelque gage infaillible? Parle. L'épouse-t-il ?
ZAÏRE
Je n'en ai rien appris.
Mais enfin s'il n'a pu se sauver qu'à ce prix; S'il fait ce que vous-même avez su lui prescrire ; S'il l'épouse^ en un mot. . •
ATALIDE
S'il Tépoûse, Zaïre!
ZAÏRE
Quoi ! vous repentez-vous des généreux discours Que vous dictait le soin de conserver ses jours?
Non, non : il ne fera que ce qu'il a dû faire. Sentiments trop jaloux, c'est à vous de vous taire : Si Bajazet l'épouse , il suit mes volontés ; Respectez ma vertu, qui vous a surmontés; A ces nobles conseils ne mêlez point le vôtre; Et, loin de me le peindre entre les bras d'une autre , Laissez-moi sans regret me le représenter Au trône où mon amour l'a forcé de monter. Oui, je me reconnais, je suis toujours la même. Je voulais qu'il m'aimât, chère Zaïre ; il m'aime : Et du moins cet espoir me console aujourd'hui Que je vais mourir digne et contente de lui.
apparence d'infidélité. Qu'on relise cette dernière scène du second aœ; elle rend toutes celles du troisième inexcusables. Je sais que ces sortes de contradictions, cette espèce de déraison, s*il faut dire le mot, sont de l'essence de Tamour. Oui ; mais ce n*est pas cette nature-là qu'il' fout montrer dans une tragédie. Le poète a le choix de ceUe qu'il veut et doit peindre y et il doit cbœsir celle qui conyient à son tableau et à son des» sein. Nous voilà dans l'idylle et l'élégie jusqu'à la fin de cet acte ; et n'oubliez pas que nous sommes entre le poignard et le cordon. Cette disparate est la plaie secrète de l'ouvrage. ( L. )
AACINB. — T, II. 2S
ZAlKE.
Mourir ! Quoi ! vous auriez un dessein si funeste ?