SCÈNE V
BAJÂZET, ROXANE, ÂTALIDE; ZAÏRE.
ROXANB.
Venez ^ seigneur, venez : il est temps de paraître^
Et que tout le sérail reconnaisse son maître :
Tout ce peuple nombreux dont il est habité ,
Assemblé par mon ordre ^ attend ma volonté.
Mes esclaves gagnés y que le reste va suivre ,
Sont les premiers sujets que mon amour vous livre.
L'auriez-vous cru , madame , et qu'un si prompt retour
Fit à tant de fureur succéder tant d'amour?
Tantôt , à me venger fixe et déterminée^ ,
Je jurais qu'il voyait sa dernière journée :
A peine cependant Bajazet m*a parlé :
L'amour fit le serment, Tamour Ta violé.
J'ai cru dans son désordre entrevoir sa tendresse :
J'ai prononcé sa gr&ce , et je crois sa promesse*.
BAJTAZBT.
Oui, je vous ai promis et j'ai donné ma foi De n'oublier jamais tout ce que je vous doi ; v J'ai juré que mes soins, ma juste complaisance' ,
encore une fois ces délicatesses de Tamour, qu'il entendait si bien, mais qui n^allaient bien qu'^ Bérénice. (L. )
* On ne peut pas dire fixe à se venger ; mais fixe passerait à la faveur de déterminée, s*il n'avait pas Tinconvénient plus grave de formw un pléonasme. (G.)
' Var. J'ai prononcé sa grâce , et j'en crois sa promesse.
^ Var. Oui , je vous ai promis , et je m'en soavfendrai , Que , fidèle k tos soins antant que je Titrai , Mon respect éternel , ma juste complaisance , etc.
364 BAJAZËT.
Vous répondront toujours de ma reconnaissance. Si je puis à ce prix mériter vqs bienfaits^ Je vais de vos bontés attendre les effets.