‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 233 sur 326 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

BAJÂZET, ROXANE, ÂTALIDE; ZAÏRE.

ROXANB.

Venez ^ seigneur, venez : il est temps de paraître^

Et que tout le sérail reconnaisse son maître :

Tout ce peuple nombreux dont il est habité ,

Assemblé par mon ordre ^ attend ma volonté.

Mes esclaves gagnés y que le reste va suivre ,

Sont les premiers sujets que mon amour vous livre.

L'auriez-vous cru , madame , et qu'un si prompt retour

Fit à tant de fureur succéder tant d'amour?

Tantôt , à me venger fixe et déterminée^ ,

Je jurais qu'il voyait sa dernière journée :

A peine cependant Bajazet m*a parlé :

L'amour fit le serment, Tamour Ta violé.

J'ai cru dans son désordre entrevoir sa tendresse :

J'ai prononcé sa gr&ce , et je crois sa promesse*.

BAJTAZBT.

Oui, je vous ai promis et j'ai donné ma foi De n'oublier jamais tout ce que je vous doi ; v J'ai juré que mes soins, ma juste complaisance' ,

encore une fois ces délicatesses de Tamour, qu'il entendait si bien, mais qui n^allaient bien qu'^ Bérénice. (L. )

* On ne peut pas dire fixe à se venger ; mais fixe passerait à la faveur de déterminée, s*il n'avait pas Tinconvénient plus grave de formw un pléonasme. (G.)

' Var. J'ai prononcé sa grâce , et j'en crois sa promesse.

^ Var. Oui , je vous ai promis , et je m'en soavfendrai , Que , fidèle k tos soins antant que je Titrai , Mon respect éternel , ma juste complaisance , etc.

364 BAJAZËT.

Vous répondront toujours de ma reconnaissance. Si je puis à ce prix mériter vqs bienfaits^ Je vais de vos bontés attendre les effets.

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