SCÈNE V
ROXANE, ZATIME.
Pour la dernière fois, perfide, tu m'as vue. Et tu vas rencontrer la peine qui t'est due,
ZATIME.
Atalide à vos pieds demande à se jeter S
Et vous prie un moment de vouloir Técouter^
Madame : elle vous veut faire l'aveu fidèle
D'un secret important qui vous touche plus qu'elle •
ROXANE
Oui, qu'elle vienne. Et toi, suis Bajazet qui sort; Et, quand il sera temps, viens m'apprendre son sort.
' Nous ne verrons plus rien qui soit susceptible d'un effet théâtral. Roxane , qui , après avoir envoyé son amant k U mort , att^d tranquil-^ leraent Atalide, et dit à Zatime encore fdus tranquillement :
Et toi, sois Bajazet qoi sort s Et , quand il sera temps , viens ni'apprendre son sort ,
ne peut plus inspirer le moindre intérêt. Atalide, qai vient, dans un long discours, offrir sa mort à une rivale qui est maîtresse de sa vie, ne peut faire aucune impression si sur Roxane ni sur le spectadi^ir. là» meurtres de Bajazet et de la sultane n'en fbnt pas davantage : tous deux ont mérité leur sort, Tune par son atrocité, Tautre par aaa excessive faiblesse ; et Atalide , qui se tue ensuite après un grand monologue^ a trop Pair de se tuer parce qu^elle n*a rien de mieux à faire. Tout cela , il faut en convenir, compose un cinquième acte très-froid, à une scène près. Dans le plan donné , et d'après rbist(Hre, je doute qa*il fût possible de faire autrement ; mais si le plan n'eût pas été vicieux dans Fintrigue d'Atalide et de Bajazet, je crois que ce dernier acte aurait pu être meilleur. Tel qu'il est, c'est une complication de meurtres sans intérêt; et, après la sortie de Bajazet, la curiosité seule fait entendre le i*oste. (L.)