‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 263 sur 326 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

ÀTALIDE, ZAÏRE.

ATAUPE.

%n&a, c'en est donc fait; 6t> par mes artifices^ M 03 iojuftefi floupçons , mes funestes caprices ^ ie sois donc arrivée au douloureux moment Où je vois par mon crime expirer mon amant . N'était-ce pas assez, cruBlla destinée^ Qu'à lui survivre^ hélas I je fosse condammée"^ Et fallait-il encor que, pour comble d'horreurs , Je ne pusse imputer sa mort qu'à mes fureurs? Oui^ c'est moi^ cher amant ^ qui t'arrache la vie ; Roxane , ou le sultan , ne te Tout point ravie : Moi seule ^ j'ai tissu le lien malheureux Dont tu viens d'éprouver les détestables nœuds. Et je puis y sans mourir^ en sou&rir la pensée , Moi qui n'ai pu tantôt, de ta mort menacée^ Retenir mes esprits prompts a m'abandonner ! Ahl n'ai-je eu de l'amour que pour t'assassiner? Mais c'en est trop : il faut , par un prompt sacrifice , Que ma fidèle main te venge et me punisse. Vous , de qui j'ai troublé la gloire et le repos , Héros , qui deviez tous revivre en ce héros ; Toi^ mère malheureuse^ et qui^ dès notre enfance , Me confias son cœur dans une autre espérance ; Infortuné \izir , amis désespérés , Roxane , venez tous^ contre moi conjurés^ Tourmenter à la fois une amante éperdue; Et prenez la vengeance enfin qui vous est due.

( Elle se tu«, )

ZAÏRE

Ah, madame!... Elle expire. 0 ciel! en ce malheur > Que ne puis-je avec elle expirer de douleur * !

' Ou a reproché à Racine d^avoir fini Bérénice par un hélas : il termine Baj€uet par un Ters infiniment plus répréhensible : rien n*empôche Zaïre d'imiter sa maltresse, et d'expirer arec elle. (G.) — Jamais les monologues de réflexion et de récapitulation ne sont plus déplacés qu*à la fin d'une pièœ : c^est là surtout qu'est applicable le semper ad eveittum festinet. Il est difficile de finir une tragédie d'une manière plus languissante. Nous avons observé cinquante ou soixante vers plus ou moins mauvais, et il y en a bien autant de faibles. Ce n'est pas là le calcul ordinaire de la critique dans les pièces de Racine , surtout dans celles qui vont suivre. Bajazet est sans contredit un ouvrage du second ordre ; mais ce qu'il y a de beau est du premier. (L. )

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