SCÈNE IV
AGRÏPPJNE, ALBINE.
ALBINE
Dans quel emportement la douleur vous engage , .Madame! L'empereur puisse-t-il l'ignorer l
AGRIPPINE
Ah! lui-même à mes yeux puisse-t-il se montrer î
ALBINE
Madame, au nom des dieux, cachez votre colère. Quoit pour les intérêts de la sœur ou du frère, Faut-il sacrifier le repos de vos jours? Contraindrez-vous César jusque dans ses amours ?
AGBIPPINE.
Quoi! tu ne vois donc pas jusqu'où Y on me ravale* .
Albine? C'est à moi qu'on donne- une rivale*.
Bientôt, si je ne romps ce ftmesrte lien ,
Ma place est occupée, et je ne suis plus rien .
Jusqu'ici d'un vain titre Octavic honorée^
Inutile à la cour, en était ignorée :
Les grâces, les honneurs, par moi seule versés ,
M'attiraient des mortels les vœux intéressés.
Une autre de César a surpris la tendresse :
Elle aura fo pouvoir d'épouse et de maltresse ;
' La Harpe observe avec raboii que rtamle est une expression énergique qu'il est dommage de laisser yieilUr, et qui aura toujours son effet quand elle sera bien placée. Le mot créance , placé un peu plus loin » <ievrait également être conservé.
' Voilà le secret des fnreuss d^Aghppine :. ele s^mbarrasse peu de Britannicuis, de Junie, d!Octavie, des débauches et des crimes de Néron; elle veut dominer, elle veut régner. Tacite Ta parlement carao ^^nfiée en deux mole : « Filio dare impcrium, tolerure ûnperitantem « œqiiibat. » — a Elle pouvait faire son fils empereur, «ais non supporter son empire. » {Annal., lib. XII , c 64. ) ( G. )
Le fruit de tant de soins , la pompe des Césars , Tout deviendra le prix d'un seul de ses regards. Que dis-je? Ton m'évite, et déjà délaissée... Ah l je ne puis, Albine, en souffrir la pensée. Quand je devrais du ciel hÀter Tarrét fatal * , Néron, l'ingrat Néron... Mais voici son rival.