‹ Œuvres poétiques de J. RacineChapitre 98 sur 326 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

BRITANNICUS, AGRIPPINE, NARCISSE, ALBïNE.

Nos ennemis communs ne sont pas invincibles. Madame; nos malheurs trouvent des cœurs sensibles : Vos amis et les miens, jusqu'alors si secrets , Tandis que nous perdions le temps en vains regrets, Animés du courroux qu'allume Finjustice, Viennent de confier leur douleur à Narcisse. Néron n'est pas encor tranquille possesseur De Tingrate qu'il aime au mépris de ma sœur. Si vous êtes toujours sensible à son injure. On peut dans son devoir ratmener le parjure. La moitié du sénat s'intéresse pour nous i Sylla, Pison, Plautus...

AGRIPPINE

Prince , que dites-vous ?

Sylla, Pison, Plautus, les chefs de la noblesse?

Madame, je vois bien que ce discours vous blesse ; Et que votre courroux, tremblant, irrésolu. Craint déjà d'obtenir tout ce qu'il a voulu.

' Un astrologue, consulté par Agrippine, avait prédit que Néron serait empereur, mais qu'il tuerait sa mère. Agrippine avait répondu : « Occidat, dum imperet. » — « Qu'il me tue, mais qu'il règne. » (Tacit. , AnnalyVài, XIV, cap. 9.) (G.)

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