‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 17 sur 77 · LE SOUPÇON · texte numérisé non relu

LE SOUPÇON

Si j'en crois un fâcheux discours , Ton cœur, facile à l'inconstance , Trahit mes fidèles amours , Et se rit de ma confiance. Unique bonheur de mes jours , O des amants le plus aimable !

S'il est vrai que tu sois coupable , Par pitié, trompe-moi toujours.

LINQUIÉTUDE.

Ce matin, pendant mon sommeil,

Tu m'apportas les fleurs que j'aime; Tu venais, disais-tu, de les cueillir toi-même, Et pour me les offrir tu pressas mon réveil.

Ce tendre soin devait me plaire ,

Mais il ne t'est pas ordinaire ; Mais tu l'accompagnas des serments les plus doux , Mais je ne te montrais aucun soupçon jaloux ! Prodigue de regards , de flatteuses promesses ,

Prodigue d'aimables caresses , Tu paraissais m'aimer d'une nouvelle ardeur ; Cependant j'éprouvais une vague tristesse, Cependant des soupirs s'amassaient dans mon cœur,

Et ta voluptueuse ivresse

TNe me donnait plus le bonheur.

Souvent même par intervalles ,

Tes transports plus pressants minspiraientquelque effroi

Aurais-je à craindre des rivales?

Un remords généreux te rendait-il à moi? Près de m'abandonner, sais-tu du moins me plaindre? Ou , semblable aux flambeaux qui remplacent le jour ,

Voit-on la flamme de l'amour Briller plus éclatante au moment de s'éteindre ?

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