‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 22 sur 77 · LES SOUHAITS · texte numérisé non relu

LES SOUHAITS

Si les dieux plus cléments exauçaient mes désirs , On ne me verrait pas ceindre le diadème ;

La majesté du rang suprême Intimide les Ris , les Grâces , les Plaisirs. Fils de la Liberté , nourri par le Mystère , L'Amour fuit des palais le magnifique ennui , Pour aller se jouer sous un toit solitaire :

Un seul roi fut aimé pour lui.

On ne me verrait pas une richesse immense ; J'appris à dédaigner sa vulgaire influence. Et d'ailleurs trop d'argent mène à trop de soucis.

Une paresseuse opulence

Me plaît moins qu'une active aisance.

L'essaim de vils flatteurs , à ses festins assis ,

Ne vient pas de sa complaisance

Chaque jour mendier le prix.

ÉLÉGIESi 63

Biens, dignités, grandeurs, je redoute vos chaînes,

Va le poids envié des fortunes humaines,

Plus pesanl à porter que le poids du malheur.

Un plus noble besoin fait palpiter mon cœur.

Je voudrais, de mon sexe aimable et doux modèle,

De l'esprit, des talents, posséder les trésors;

Je voudrais sous mes doigts , de la lyre immortelle

Trouver les plus touchants accords ; Et dans Paris charmé de mes heureux efforts ,

Des belles être la plus belle.

Je voudrais... Mais pourquoi formerais-je des vœux? Tous ces dons enchanteurs , et la gloire elle-même Ne pourraient adoucir mon destin rigoureux ;

Une autre plaît à ce que j'aime.

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