AUX AMOURS
Fuyez , fuyez , Amours !
Ah! fuyez pour toujours!
J'ai trop connu vos jalouses faiblesses , Vos soins menteurs, vos parjures caresses,
Ah ! fuyez pour toujours !
Fuyez , fuyez , Amours !
Ne m'offrez plus la dangereuse image De cet amant objet de tant de pleurs ; Je sens enfin s'assoupir mes douleurs , Je me suis faite à l'oubli du volage.
Ne m'offrez plus sa dangereuse image.
L'amour éteint ne se rallume pas :
J'ai contre moi ses torts et ma constance ; Je nourrissais une folle espérance.
On veut en vain ramener des ingrats :
I, amour eleiul ne se rallume pas.
Dieux! est-ce mi songe? à peine je respire! A \i»s côtés j'ai cru l'apercevoir.
N'abusez point d'un magique pouvoir ; Fuyez, Amours. Mais pour lui tdut conspire j Mes yeux, mon cœur, même mon tendre, effroi Que deviendrai-je? Il est la près de moi, A mes (jcnoux il tombe : je soupire, Et je n'ai plus la force de vous dire :
Ali! fuyez pour toujours,
Fuyez, fuyez, Amours!
LESPOIR TROMPÉ.
Après un an de mortelles douleurs ,
Quand de mes feux j'allais guérir peut-être,
Dans la retraite où je cachais mes pleurs
Soudain j'ai vu l'infidèle apparaître.
Son air ému, son discours enchanteur,
Et son regard qui , dangereux , flatteur,
Quand il le veut dit si bien , Je t'adore ,
D'un doux espoir ont fait battre mon cœur ;
J'osai penser qu'il m'aimerait encore :
Je recueillis ce regard , ce discours ,
Cet air ému , cette douce promesse
D'être pour moi comme dans mes beaux jours ;
Mais rien, non, rien n'était de la tendresse.
Je ne devais qu'au désir d'un moment
De son retour l'ivresse mensongère ;
Mon court bonheur ne fut qu'une chimère ;
le le pairai d'un éternel tourment.