‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 23 sur 77 · AUX AMOURS · texte numérisé non relu

AUX AMOURS

Fuyez , fuyez , Amours !

Ah! fuyez pour toujours!

J'ai trop connu vos jalouses faiblesses , Vos soins menteurs, vos parjures caresses,

Ah ! fuyez pour toujours !

Fuyez , fuyez , Amours !

Ne m'offrez plus la dangereuse image De cet amant objet de tant de pleurs ; Je sens enfin s'assoupir mes douleurs , Je me suis faite à l'oubli du volage.

Ne m'offrez plus sa dangereuse image.

L'amour éteint ne se rallume pas :

J'ai contre moi ses torts et ma constance ; Je nourrissais une folle espérance.

On veut en vain ramener des ingrats :

I, amour eleiul ne se rallume pas.

Dieux! est-ce mi songe? à peine je respire! A \i»s côtés j'ai cru l'apercevoir.

N'abusez point d'un magique pouvoir ; Fuyez, Amours. Mais pour lui tdut conspire j Mes yeux, mon cœur, même mon tendre, effroi Que deviendrai-je? Il est la près de moi, A mes (jcnoux il tombe : je soupire, Et je n'ai plus la force de vous dire :

Ali! fuyez pour toujours,

Fuyez, fuyez, Amours!

LESPOIR TROMPÉ.

Après un an de mortelles douleurs ,

Quand de mes feux j'allais guérir peut-être,

Dans la retraite où je cachais mes pleurs

Soudain j'ai vu l'infidèle apparaître.

Son air ému, son discours enchanteur,

Et son regard qui , dangereux , flatteur,

Quand il le veut dit si bien , Je t'adore ,

D'un doux espoir ont fait battre mon cœur ;

J'osai penser qu'il m'aimerait encore :

Je recueillis ce regard , ce discours ,

Cet air ému , cette douce promesse

D'être pour moi comme dans mes beaux jours ;

Mais rien, non, rien n'était de la tendresse.

Je ne devais qu'au désir d'un moment

De son retour l'ivresse mensongère ;

Mon court bonheur ne fut qu'une chimère ;

le le pairai d'un éternel tourment.

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