LE DÉVOUEMENT
Objet de mon plus cher amour.
De mon amitié la plus chère , Toi qu'à moi-même je préfère , Reviens embellir mon séjour!
Reviens , de ma flamme trahie Ne crains point les fâcheux éclats ; Ose m'ouvrir encor tes bras ; Pardonne-moi ta perfidie.
Quand tu me ravis le bonheur
Par ton inconstance fatale ,
Il est vrai , contre ma rivale
Je laissai parler ma douleur ;
J'ai dit à la nature entière
Le malheur de ton nouveau choix :
J'aimais pour la dernière fois ;
.le haïssais pour la première.
O dieux ! que j'endurai de maux !
Que de jours et de nuits terribles !
Par combien de veilles pénibles J'achetai mon triste repos !
Mais je me suis accoutumée A toujours m'oublier pour toi , Et mon cœur, sans beaucoup d'effroi , Sait qu'une autre , hélas ! est aimée.
Viens donc essayer les douceurs D'une passion sans orage :
Que tu sois fidèle ou volage , Rien ne désunira nos cœurs.
Pour te plaire mon ame ardente Découvre un nouveau sentiment ; Oui , sans t'aimer moins vivement , Je t'aimerai mieux qu'une amante.