XXX
« Laisse mes regards s'attendrir !
« De l'amour que sa Ivre implore, « Tu le sais , j'ai subi la loi.
< Veille, ma lampe, veille encore, « Je lis les vers de Dufrenov.
« Son livre est plein d'un doux mystère, « Plein d'un bonheur de peu d'instants. « Il rend à mon lit solitaire « Tous les songes de mon printemps.
« Les dieux qu'au bel âge on adore « Voudraient-ils revoler vers moi?
« Veille, ma lampe, veille encore, « Je lis les vers de Dufrenoy.
« Si, comme Sapho, qu'elle égale, « Elle eût, en proie à deux penchants, « Des amours, ardente rivale, « Aux Grâces consacré ses chants; « Parny près d'une Eléonore « Ne l'aurait pu voir sans effroi.
<. Veille, ma lampe, veille encore.
« Je lis les vers de Dufrenov.
( Krtj )
« Combien ,t pleuré Bur qos arme* h Sou noble cœur, de gloire épris !
N De nôtre pour rien dans ses Larmi r I /Amour alors parut surpris, n Jamais au pays quelle honoré « Sa lyre n'a manqué de foi.
« Veille, ma lampe, Teille encore, « Je lis les vers de Dufrenoy.
« Aux chants du nord on fait hommage
« Des lauriers du Pinde avilis;
« Mais de leur gloire sois l'image,
« Toi, ma lampe, toi qui pâlis :
« A ton déclin, je vois l'aurore
« Triompher de l'ombre et de toi ;
« Tu meurs; et je relis encore
« Les vers charmants de Dufrenoy. »
Béranger, coupable d'à voir chanté ia gloire en exil, et attaché quelques traits vengeurs au flanc de ses ennemis, expia bientôt cette audace sous les verrous de Sainte-Pélagie, Madame Dufrenoy s'affligea plus que le poëte