‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 49 sur 77 · L&MES · texte numérisé non relu

L&MES

« D'avance l'instruisit que vous deviez guérir, « Elle me répétait, d'espoir électrisée: « Entre ses mains, ma fille, on ne peut pas mourir. » « Il quittait tout pour vous , il vous soignait en frère;

« Mais , moins heureuse que ma mère , « Je tremblais chaque instant que le hideux trépas

«Ne vînt vous saisir dans mes bras !

« Rien n'adoucissait mes alarmes , « Etjen'avai&pour vous que des vœux et des larmes. » Tes larmes sur mon sein retombaient , ô ma sœur ! Malgré moi constamment j'épiais ta douleur.

Ta démarche , ou ton attitude ,

Ton incarnat ou ta pâleur

Faisaient alors ma seule étude.

Combien ta vive inquiétude ,

Source de plaisir et d'effroi , A resserré les nœuds qui m'attachaient à toi ! Et, je te l'avoûrai, dans mes accès de gloire, Moi , qui d'un beau trépas enviai la mémoire , Lâche devant la mort trop présente à mes yeux , Je m'appuyais en vain sur les sages fameux

Dont j'ai tant médité l'histoire.

2oo ÉLÉGIES.

O faible humanité ! plus d'un vaillant guerrier, Au sein d'un péril ordinaire , N'a montré qu'une ame vulgaire !

Le pas d'un agile coursier

A fait retentir la montagne. ...

J'ai pressenti sa vue : à mon libérateur Allons , ô ma Sophie ! ô ma sœur, ma compagne , Offrir un noble encens , le pur encens du cœur.

ÉLÉGIES. ioi

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