EN LUI ENVOYANT LES BEAUTES DE L HISTOIRE DE LA GRÈCE MODERNE
Compagne chère à ma jeunesse ,
Ma fidèle amie , ô ma sœur !
Toi que le même deuil unit à ma douleur,
Reçois ce tableau de la Grèce , Esquissé sous tes yeux dans les jours de malheur.
Ce travail , voilant ma tristesse , Me servit bien des fois à dérober mes pleurs Au vertueux objet de nos j ustes terreurs , A celle dont la mort nous ravit la tendresse.
Lorsqu'elle échappe à notre cœur, Essayons de combler le vide qu'elle y laisse ; Trouvons dans nos liens toujours plus de douceur. Le temps d'un vol rapide aménela vieillesse ;
Sachons conjurer sa rigueur
Par l'étude de la sagesse.
Seuls restes vivants aujourd'hui
Du plus admirable des pères
Et de la plus tendre des mères , Soyons-nous l'une à l'autre un bienfaisant appui. La nature t'appelle à fermer ma paupière : Que ton regard me suive à l'instant solennel ; Mais sans crainte vois-moi terminer ma carrière , Notre mère m'attend au séjour éternel ;
Et, dans les enfants que j'adore, Ma Sophie , ici-bas , tu me verras encore !
ÉLÉGIES. ao5
la reconnaissance: