‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 53 sur 77 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Bel Apollon, descends des cieux !

Sur un mode nouveau que ta lyre résonne ; Toi, déesse des fleurs, de tes dons gracieux

Tresse une odorante couronne ;

Ce jour envoyé par les dieux Me promet un bonheur que dès long-temps j'implore , De suaves parfums , de chants mélodieux ,

Je veux saluer son aurore.

Plongé dans les bras du sommeil Mon digne ami repose encore :

Rose brillante , œillet vermeil , Que son lit parfumé de vos nœuds se décore. Lyre caressante et sonore , Hâte doucement son réveil.

ÉLÉGIES, sk>9

M.ns non, que ion sommeil, o Sé{;nr, se prolonge,

Loin de tes yen\ , pourquoi le voudrais-je bannir? J'ai besoin qu'un fidèle songé

De tons mes sentiments le vienne entretenir.

Ail ! depuis ce moment (lier à mon somenii ',

Moinenl de donlenr et de élimines,

t hi , s;m-> autre appui que mes larmes*, Tremblante, à t;i bonté tu nie vis recourir, Sans cesse dans mon cœur je l'entends retentir Cette voix, qui d'abord apaisa mes alarmes.

C'était peu d'essuyer mes pleurs, Tu voulus , soin touchant d'une ame peu commune , Par le noble récit de tes nobles malheurs

Relever mon humble infortune ; Je cherchais des secours , je craignais la pitié ;

Ségur m'offrit son amitié.

O qu'il est doux d'aimer ce qu'il faut qu'on révère !

Dieux ! il entrouvre la paupière ,

Fuyons d'un pas précipité ; Comme l'amant épris d'une fière beauté S'impose pour lui plaire un rigoureux silence , Et n'ose que loin d'elle exhaler sa souffrance,

2io ÉLÉGIES.

DeSégur respectant la loi , Tremblons de lui parler de ma reconnaissance, Cette lyre et ces fleurs en parleront pour moi.

ÉLÉGIES. m

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