‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 54 sur 77 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Il reparaît le jour à Strenna consacré (,2) ,

Où dans Rome au berceau, mais brillante de gloire,

Un roi , par Minerve éclairé (^3) ,

Pour allumer le feu sacré

Laissait reposer la victoire.

Dans ce jour , le temple des dieux

Se parait de fraîches guirlandes Qu'en silence assemblait , d'un doigt religieux , La vierge , au front pudique , au souris gracieux ; Et les autels pliaient sous le poids des offrandes ;

Quand par trois fois l'hymne pieux Avec des flots d'encens s'élevait jusqu'aux cieux;

Quand le sang des blanches génisses Avait trois fois rougi l'autel des sacrifices;

Lorsque sous le sacré couteau Tombait en rugissant le terrible taureau,

Et que la voix des aruspices

Faisait croire à d'heureux auspices ;

Libre de soins envers les dieux ,

Alors tout un peuple joyeux

Allait en pompe dans la ville ,

Présenter d'asile en asile Ou la datte, ou la figue, ou le nard précieux, Dons simples, mais charmants, quelareconnaissance, La nature, l'amour, l'amitié, l'innocence,

Rendaient l'emblème de leurs vœux.

Nous sommes loin , hélas ! de ces siècles fameux ;

Pourtant la moderne Lutéce , Comme l'antique Rome, aime à fêter ce jour.

Reçois mes vœux à son retour,

O toi , l'appui de ma détresse !

Toi qui , mettant un terme à ma longue douleur , M'as rendu le repos , et ma lyre , et mon cœur ! Toi , Ségur, qui , doué d'une anie peu commune , Ne t'enflas point du vent de la prospérité ! Toi que n'abattit point la rude adversité !

ÉLËG-IEB. ai3

Toi qui parus toujours |>lus fort que la fortune ! Puissent tes fils vaillants et Les fils do tes fils ('''•), Ces dignes héritiers (lune maison illustre, Et dont le noble sang coula pour leur pays, Du nom de tes aïeux accroître encor le lustre Par d'utiles exploits sous tes yeux accomplis!

Puisse ton épouse adorée , Ce modèle touchant de vertus et d'amour, Te prodiguant ses soins , et des tiens entourée , Plus chère à tes désirs jusqu'à son dernier jour,

Au-delà du cours ordinaire Vivre , heureuse toujours et d'aimer et de plaire ! Puisse enfin , abjurant sa nouvelle rigueur, Le ciel qui, tour-à-tour équitable et sévère, Tant de fois t'a donné , t'a repris sa faveur,

Te rendre un destin plus prospère ,

Et te payer de mon bonheur (45) !

ai 4 ÉLÉGIES.

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