‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 55 sur 77 · LA CHAUMIÈRE · texte numérisé non relu

LA CHAUMIÈRE

Une chaumière est mon humble demeure;

Mais le matin , mais le soir, à toute heure ,

Seule, je rêve à ce noble mortel,

Objet sacré de mon culte éternel !

Mais quelquefois son aimable présence

D'un plaisir pur enivre tous mes sens ;

Mais de sa mâle et touchante éloquence ,

En liberté j'écoute les accents ;

Mais de ses yeux, sereins dans les alarmes ,

Je vois tomber de vertueuses larmes ;

Mais sur mon luth , accordé par mon cœur,

Loin des cœurs froids , peu faits pour me comprendre

Son nom chéri se fait sans cesse entendre ,

Et les échos , soigneux de mon bonheur,

ÉLÉGIE& ai5

Dans l'air ému , le redisent en chœur.

Vous qui tenez leur grandeur prisonnière , Palais des rois, valez-vous ma chaumière?

2i6 ÉLÉGIES.

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