‹ uvres poétiques de Mme DufrénoyChapitre 56 sur 77 · STANCES ÉLÉGIAQUES · texte numérisé non relu

STANCES ÉLÉGIAQUES

A M. GOULMANN.

Nobie et sainte amitié , besoin sacré de lame ,

Que la vertu sait animer;

Toi dont la vive et chaste flamme ,

Nous brûle sans nous consumer,

Premier charme de mon jeune âge Même alors que l'amour m'asservit à sa loi ; Trésor de tous les temps , seule ivresse du sage Jusqu'à mon dernier jour mon cœur battra pour toi.

Le gracieux mélange et des lis et des roses N'embellit plus mes traits flétris , L'amour sur mes lèvres mi-closes Ne dépose plus un souris.

J'ai lu dans un miroir sincère,

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l/amour ne le sied plus, luis son attrait vainqueur. J'ai suivi ce conseil, sans chagrin', sans colère; Noble et sainte amitié, lu restais à mon cœur!

Ce cœur n'a point .vieilli : j'aime autant qu'au jeuneâge.

Il est vrai, c'est. «. 1 ^ 1 1 1 1 autre amour;

Mais à l'un, jalon \ ei \<>lage,

A peine je tins un beau jour.

Dans le sein de ses faveurs même , Je ne m'abandonnai qu'en tremblant à sa foi : Amitié noble et sainte, ô mon bonheur suprême ! Jusqu'à mon dernier jour mon cœur battra pour toi.

Tu m'as rendu la paix, tu réchauffes ma lyre;

Plus heureuse qu'en mon printemps

Je puis aimer, je puis le dire ,

lit braver l'outrage du temps.

Pourquoi voudrais-je être encor belle?

Ah ! ce n'est qu'une fois qu'on aime bien d'amour! Moi , j'aime bien encor, mais un ami fidèle; Jacques , je t'aimerai jusqu'à mon dernier jour.

2i8 ÉLÉGIES.

J'entendrai sans regret sonner l'heure suprême;

J'en rendrai même grâce au sort;

Survivre , hélas ! à ceux qu'on aime ,

Ah ! c'est la véritable mort.

Jacques à mon heure dernière , Viens consoler mon fils , ce fils mon digne amour; Et grave de ta main sur la modeste pierre : « Adélaïde aima jusqu'à son dernier jour. »

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