LE DIVORCER
Au mépris de l'hymen sacré , Dont rien ne dut rompre la chaîne , Mon époux, tant idolâtré, De mes bras s'arrache sans peine !
Ah ! si mon amour et mes soins , Ingrat , ont cessé de te plaire , Ton cœur te devrait dire au moins Que de ton fils je suis la mère.
t88 CHANSONS
Hélas ! je vais donc voir mon lit Profané par une étrangère , Et, veuve d'un époux qui vit, Rester sans appui sur la terre !
L'époux qui dut m'enorgueillir, Souillant des nœuds que je révère , Ose me contraindre à rougir Des titres d'épouse et de mère.
Vainement ton manque de foi Par la loi devient légitime ; Plus délicate que la loi , La nature t'en fait un crime.
Vois cet oiseau prompt à changer ; L'inconstance est son caractère ; Mais il cesse d'être léger Quand sa compagne devient mère.
De ton épouse éloigne-toi, Suis de tes feux la folle ivresse \ Tu restes maître de ma foi , Peut-être , hélas ! de ma tendresse.
ET ROMANCES. a8<j
Nos nœuds ne seront point trahis, Rien qu'à d'antres je pourrais plaire : Tu ravis un père à ton fils; A ton fils je garde sa mère.