L'AMOUR FILIAL
Que dans son joyeux délire Un buveur chante Bacchus , Et qu'un amant sur sa lyre Adresse un hymne à Vénus ; Que de leurs flammes sincères Ils embellissent leurs chants ; Le nom chéri de ma mère Rendra les miens plus touchants.
Tibulle de sa Délie Chanta les douces faveurs ; Pétrarque toute sa vie Chanta Laure et ses rigueurs ; De l'objet qui sut lui plaire Chacun s'occupe toujours :
ET ROMANCES. ioi
Moi , c'est à chanter ma mère Que je consacre mes jours.
Anacréon dans la Grèce S'illustra le verre en main ; Il buvait, chantait sans cesse, Louait l'amour et le vin :
Mais dans l'art si doux de plaire Il donne en vain des leçons; Il n'a point chanté sa mère ; On oubliera ses chansons.
Je suis bien loin de me croire L'égale d' Anacréon , Et de prétendre à la gloire Des favoris d'Apollon :
Dans l'art de boire et de plaire J'ai peu suivi leurs leçons ; Mais je chanterai ma mère; On retiendra mes chansons.
3<m CHANSONS