LE DÉPIT
En vain par de nouveaux serments Vous espérez fléchir mon ame ; Vous êtes de tous mes amants Celui dont je plains moins la flamme.
Mourez, si vous voulez, d'amour; Je n'en serai pas attendrie :
Qui méconnut mes lois un jour, Ne m'en donnera de sa vie.
Je me souviens qu'un certain soir, Pour vous plus tendre que sévère , Je vous laissai le doux espoir Que vous pourriez un jour me plaire.
Ce soir-là, ne sais trop comment, Je vous aimais à la folie :
ET JtOMANCES.
Puisse ce bonheur d'un moment Vous couler la paix de la vie!
De feux votre cœur consumé Deux ans ses soupirs fit entendre :
Un jour, vous vous crûtes aimé; Le lendemain vous vit moins tendre.
A l'orgueil j'ai dû votre amour, Et du mien l'orgueil m'a guérie :
Je vous pleurai pendant un jour; Pleurez-moi toute votre vie.
Nommez-moi dans votre courroux Parjure, coquette, légère; Rien ne peut m'offenser de vous , Et de vous rien ne peut me plaire.
Je n'eus qu'un seul tort en amour; En rougissant je le publie; C'est d'avoir cru tout un grand jour Que je vous aimais pour la vie.
3o4 CHANSONS