‹ uvres poétiquesChapitre 17 sur 79 · M, Encour — 465. M, A mis tants — 471. M, Repensant · texte numérisé non relu

M, Encour — 465. M, A mis tants — 471. M, Repensant

Mais c'est vous rendre mal-contans Que de vous tenir si long-temps Sur ceste Histoire si funeste, Il se fait tard, vne autre fois Vous retrouuant dedans ce bois Vous sçaurez de moy ce qui reste.

la les Grillons sont entandus Par les fentes des prez tondus.

Et le Soleil las de reluire Sur ce mont encore arresté, Conserue ce peu de clarté Tout exprès pour vous reconduire.

Ces mots n'estoient pas acheuez, Que ces Cretois s'estans leuez DVne mesme voix Tinuiterent D'aller auec eux reposer, Il debatit pour s'excuser.

Mais leurs prières l'emportèrent.

Voyant le soleil fort baissé Leur troupeau s'estant amassé Ils se mirent hors du bocage, Et deuant eux le conduisant Ils retournoient en deuisant Tous ensemble dans le vilage.

Mais Damis venant à songer

Au triste estât de ce berger

Que tousiours il entendoit plaindre,

491. M, si peu — 492. M, pour nous — 493. Nous corrigeons la leçon e A, F, morts d'après M, B, D. — 499. M, Le Soleil s'estant fort baissé - 500. M, tropeau estoit retiré

Luy dit, Peut-estre tu chéris Ton mal pour le respect d'Iris, 510 Et le conserues pour t'estaindre.

Arance, vn Berger prés d'icy, Se vit guery dVn tel soucy Par Pvn de nos vieux Coribantes, Ses maux en furent apaisez.

Les remèdes en sont aisez, 516 le suis d'aduis que tu les tantes.

Il aduertit que par l'Oubly L'Amour est souuent afFoibly, Ou bien par vne longue Absance, Et lors que sans aueuglement On pense aux défauts seulement 522 D'vne Ingrate qui nous offence.

Depuis quand (dit Philene alors) Contre l'Amour, & ses efforts, Sçait-on des remèdes capables ?

Les dieux mesmes pour en guarir Ont souuent désiré mourir, 528 Cognoissans ses coups incurables.

Quoy qu'ait esprouué ce berger.

Rien pourtant ne peut soulager Vne Ame que l'Amour possède,

510. M, Et le conserve pour l'esteindre — 513. M, Corubantes — 514, M, appaisés — 517. M, Il l'aduertit — 521. M, aux efFects seulemcn;

— 524. A, F, les efforts : M, B, C, D, E, et ses efforts — 526. M, guerl

— 528. M, ses maux incurables — 529. M, ^uoy qu'aye esprcuvé - 530. M, Rien ne peut pourtant

Ces remèdes sont des erreurs.

Car l'Amour est de ces fureurs Qui s'empirent par le remède.

Tu me contes l'Oubly pour l'vn,

Remède auiourd'ui trop commun,

Mais pour ceste fiere que i'ayme,

L'Amour a si bien transformé

Le suiet aimant, en l'aimé.

Qu'il faudroit m'oublier moy-mesme.

Aussi iamais d'vn braue cœur, L'Oubly ne s'est trouué vainqueur, Mais sans plus d'vne ame infidelle, L'oubly ne se prend qu'aux espris Qui de tous obiets sont épris, Iris aussi s'en seruit-elle.

Tu me vas nommant puis après L'Absance pour remède exprès.

Mais l'Absance n'est assez forte, Car las ! comment puis-ie absenter Sans auparauant me quitter.

Ce qu'auec moy-mesme ie porte ?

L'Amour Tiran de mon repos, Vray Serpant caché dans mes os, Mesme en ceste Isle où de tout âge,

I 532. M, Ses remèdes — 534. M, Qni s'empire — 535. M, pour vn 1- 540. M, il faudroit oublier — 542. M, treuvé — 543. M, Mais sans 1 — 544. M, qu'au mespris — 545. M, sont esprits — 546. M, Iris OM — 550. M, Car comme pourrois ie absenter

Vous auez tous creu quVn Serpant Ne pouuoit estre veu rempant, 558 Me poursuit encor & m'outrage.

Tu dis qu'il faut considérer Pour de l'Amour se retirer Les défauts de la chose aimée, Mais ie le confesse tout haut Qu'Iris n'eut que ce seul défaut, 564 De s'estre d'vn autre enflammée.

Et puis ie ne veux pas sortir De ses fers, ny me repantir De l'auoir sans loyer seruie.

Mon temps y fut mal despandu.

Mais las ! que n'est ainsi perdu 570 Ce peu qui me reste de vie.

En fin pour conclure, Damis, Le discours où tu nous as mis Ou'Arance a veu sa flame esteinte, le croy que s'il a peu guérir Du traict de l'Amour sans mourir, ^75 Q'j'il n'eut qu'vne légère attainte.

Que si son feu se vit estaint.

En celuy dont ie suis attaint, A l'Abeste ie suis semblable, Comme en mon pays on l'apprent.

En qui le feu quand il s'esprant -g2 Eri est après inséparable.

564. M, d'vne aultre — 574. M, s'il la peut guérir — 579. M, la beste — 580. M, apprend — 581. M, il s'espand — 582. M, I après est

Ils arriuerent doncq ainsi Lors que dans le Ciel obscurcy Les restes du iour se cachèrent, L'air fut d'ombres envelopé, Et puis après auoir soupe Jusqu'au matin ils se couchèrent.

Fin du second Chant.

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