‹ uvres poétiquesChapitre 47 sur 79 · A, C, F, R 1627, etc., ferez · texte numérisé non relu

A, C, F, R 1627, etc., ferez

Mais vne si grande malice Tournant à vostre preiudice La feroit monter dans les Cieux, Où les doux attraits de sa face Vous faisant mespriser des Dieux 24 La feroit seoir en vostre place.

Faites donc par quelque allégeance Qu'elle vous laisse en asseurance Là haut entre les immortels.

Et sans luy faire plus la guerre Laissez la iouïr des autelz 30 Q^^ vo'^s auiez dessus la terre.

CHANSON

POVR MADAME LA ViCONTESSE d'OcHI

Amovr, quitte tes armes,

Et pour voir sous tes loix Tous les hommes rangez sans blesseure & sans larmes, Emprunte de Doris les charmes de sa voix.

Ceste voix nompareille

Qui peut rauir les Dieux, Te peut incontinent faire entrer par Foreille, Dans les cœurs où iamais tu n'entras par les yeux.

Rien n'est exempt de flame

Alors qu'on l'oit chanter, Et l'essay nous apprend qu'vn homme n'a point d'ame S'il ne la pert alors qu'il la peut escouter.

Aussy ce charme estrange

Par qui tout est dompté Nous force d'auoiier que Doris est vn Ange Puis qu'en ayant la voix elle en a la beauté.

Heureux donc se peut croire.

En viuant sous tes loix, Celuy sur qui ses yeux ont acquis la victoire, Pourueu qu'elle ait le cœur aussi doux que la voix.

SONNET

Si faut-il se résoudre à faire quelque eiFort Pour rompre ma prison sans languir dauantage, Et croire en ce danger que pour trouuer vn port 4 II faut changer de route, ou bien faire naufrage.

Au moins à Tauenir i'auray ce reconfort, Que sans chercher ailleurs qu'en mon propre courage Le remède quVn autre attendroit de la mort, 8 le me seray moy-mesme afFranchy de seruage. j

Adieu donc, belle ingrate, adieu, fiere beauté. Puis que vostre rigueur me met en liberté, II Et me fait violer les loix de vostre empire.

Mais croyez qu'en brisant les fers où ie suis pris. Vous m'y forcez vous mesme, & que ie m'en retire 14 Auec plus de regret, que non pas de mespris.

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