‹ uvres poétiquesChapitre 5 sur 79 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

De Lîngendes inaugure la division en cinq chants, à l'instar des cinq actes du poôme dramatique.

Pour Grivet, l'imitation de De Lingendes se sent jusque dans ce titre : les Diverses Humeurs de la Bergère Clysiante.

Terminons par une double remarque.

La politesse que Jean de Lingendes avait faite à Honoré d'Urfé, en 1604, lorsqu'il mit des Stances laudatives en tête du Sireiney Honoré d'Urfé, en 1605, la rendit à Jean de Lingendes, en inscrivant un semblable hommage aux feuillets liminaires des Changemens de la Bergère Iris.

Mais, en 1606, le même D'Urfé se décide à donner une édition 4 avouée » de sa pastorale. Il n'y reproduit ni les deux pièces de vers de son émule, ni la préface de Jean Aubery. Pour la préface, cela s'explique de soi-même : elle n'était plus utile dans la publication faite par l'auteur, qui pouvait être mécontent en outre que l'on eût livré son œuvre au public sans son consentement. Pour les Stances de De Lingendes, cela se conçoit moins. Est-ce parce que la Bergère Iris avait eu trop de succès ?

Un manuscrit du poëme de De Lingendes fut retrouvé et acquis, en 1875, par Prosper Blanchemain. Il est aujourd'hui en la possession du fils du célèbre bibliophile, M. Paul Blanchemain, qui a bien voulu, très aimablement, nous permettre de le consulter.

C'est un petit volume de format carré, contenant 73 feuillets écrits recto et verso, trois stances à la page ; il est incomplet d'ailleurs des quelques feuillets qui contenaient les dernières stances du cinquième Chant.

Il s'ouvre par une façon de frontispice gravé, de caractère religieux : dans un portique dont le fronton est marqué du signe I H S, sont représentés, à gauche. Saint Philibertus tenant une houlette de berger, à droite, Saint Carolus, coiffé d'une mitre. Au bas du dessin, cette signature : laco Faber Jecit. Dans une

sorte de monogramme, Prosper Blanchemain pensait pouvoir déchiffrer les initiales de Jean de Lingendes : I. D, L. Véritablement, cela ne saute pas aux yeux. — Il est évident que ce frontispice est totalement étranger à l'œuvre qu'il précède, et n'a été mis là que par un goût d'ornementation bizarre, tant elle est déplacée. L'on ne saurait par suite en tirer aucune indication valable. Il serait même tout à fait oiseux de s'enquérir de la provenance.

Un titre figurait dans la gravure. Il a été soigneusement gratté, et, à la place, on a inscrit un autre titre, qui, pour singulier qu'il puisse paraître, n'en constitue pas moins la désignation primitive de la pastorale. Il est tel :

Les Poèmes. | De La Gynegyrie | Représentée par la | Bergère Y RIS.

Ce n'est manifestement pas un manuscrit autographe, mais bien ce qu'on appelle un manuscrit de circulation. On n'y sent nulle trace du travail de l'auteur. L'écriture est assez bonne, l'orthographe, plus archaïque que de raison, un peu provinciale {escripre, soubz, asseurery etc.). Les ratures et corrections sont rares, et ne remédient qu'à des inattentions du copiste. Ainsi, un mot avait été mis pour un autre, souvent contre le sens ou contre la rime. Ces erreurs ont été invariablement corrigées ; parfois une graphie fautive est rectifiée dans l'interligne.

Ce manuscrit nous présente indiscutablement le poëme en son état primitif et sa première venue, avant toutes retouches ; il est antérieur aux éditions, où des passages entiers ont été ajoutés. Il est toutefois remarquable que des fautes de métrique, des hiatus, aient passé du manuscrit dans certaines éditions, notamment celles de Toussaint du Bray. Le vers 187 du premier Chant en fournit un exemple :

Que me profite il aussi...

Cette leçon inexacte de la copie subsiste dans les imprimés de 1614, 1618 (Du Bray), et 1623.

En général les particularités que l'on rencontre ici, ou bien sont purement orthographiques, ou bien consistent en des transpositions de phrases, de parties de phrase, ou de mots, qui ne modifient pas profondément le sens, mais se traduisent par

INTRODUCTION XVll

une moindre précision verbale ou une moindre élégance de la versification.

Par contre, il arrive, à de rares occasions, il est vrai, que le manuscrit donne seul, à l'encontre des éditions, la leçon acceptable, comme dans les cas suivants : Chant I, vers 283, manuscrit : « i'aurois » ; éditions : « i'auroy » ; vers 405, manuscrit : f Qui me la fist treuuer si belle » ; éditions : « Qui me la firent voir si belle » .

Il fallait donc tenir grand compte de cette copie, quand même elle n'est pas de la main de l'auteur. Les variantes qu'elle nous fournira seront annoncées par le sigle M.

Bibliographie des «Changemens de la Bergère Iris» O (Édition Originale)

LES I CHANGEMENTZ | DE LA BERGERE | IRIS. | A | La

Princesse | de Conti | Par | J. de Lingendes. | 1605. | Auec pHuilege du Roy. \ A Paris \ Chez Tous-\sainctz du Bray \ au palaisy en la | galerie des prisonniers. \

Frontispice de Léonard Gaultier.

In-i2.

LES I CHANGEMENS | DE LA BERGERE | IRIS. | A Madame

La I Princesse de Conty. | Par I. de Lingendes. || A Paris \ Chez Toussainct du Bray, rue S. lacques, | aux espics meurs, & au Palais en la galle-\rie allant à la Chancellerie. \ M.DC.XIIII. | Auec Priuilege du Roy. \

In-12, 96 feuillets,

[British Muséum, 11482. a. 17.]

LES I CHANGEMENS ] DE LA BERGERE | IRIS. | A | La PrînceSSe

de Conti. | Diuisez en cinq chants. Et augmentez de nouueau |

Xviii ŒUVRES POETIQUES DE JEAN DE LINGENDES

de la Complainte de Leandre. | Par | I. Delingendes. || A Rouen par Claude Le Vilain. \ M.D.CXIV. |

In- 12, 12 feuillets et 137 pages.

[Bibliothèque Mazarine, 22037.]

LES I CHANGEMENS | DE LA BERGERE | IRIS. | A | LaPrinceSSe

de Conti. | Diuisez en cinq Chants. Et augmentez de nouueau | de la Complainte de Leandre. | Par | I. Delingendes. || A Rouen \ par Claude Le Vilain. \ MDCXIV. |

In- 12, 12 feuillets et 142 pages.

[Bibliothèque Mazarine, 22037^^^.]

LES I CHANGEMENS | DE LA BERGERE | IRIS. | A Madame La

Princesse | de Conty. | Par I. de Lingendes. | Reueus, corrigez, & augmentez par l'Autheur. || A Paris, \ Chez Toussainct du Brajr, rue S. Jacques, aux \ Espics meurs, & au Palais en la gallerie, \ allant à la Chancellerie. \ M.DC.XVIII. | Auec Priuilege du Roy. \

In-i2, 98 feuillets.

[Bibliothèque de l'Arsenal, B.L. 8639.]

LES I CHANGEMENS | DE LA BERGERE | IRIS | par | I.

Delingendes. | A Paris. \ Chez Jacques Le Gras. \ M.DC.XVIII. I Auec Priuilege du Roy. \ In- 12, 12 feuillets et 142 pages.

LES I CHANGEMENS | DE LA BERGERE | IRIS. | A | La

Princesse | de Conti. | Diuisez en cinq Chants, & | augmentez de nouueau | de la Complainte | de Leandre. | Par | I. Delingendes. I A Tour non. \ Par Claude Michel. \ 161 8. |

In-24, 176 pages.

[Bibliothèque de l'Arsenal, B.L. 9133 (Rés.).]

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