INTRODUCTION XIX
LES I CHANGEMENS | DE LA BERGERE | IRIS. | A Madame la
Princesse | de Conti. | Par I. de Lingendes. | Reueus, corrigez & augmentez | par l'Autheur. || Chez Mathurin Henault, \ rue Clopin, deuant le petit \ Nauarre. \ M.DC.XXIII. |
In-i2, 96 feuillets.
[Bibliothèque Nationale, pYe. 421 (Rés.). — Bibliothèque Mazarine, 43954. — British Muséum, 1073. f- 4^-1
La bibliographie des Changemens de la Bergère Iris ne laisse pas d'être compliquée, et le commentaire n'en est pas toujours facile à faire.
Nous n'avons pu rencontrer un exemplaire pur et homogène de l'édition originale de 1605 (O). Cette édition existe pourtant : on en connaît le frontispice j et elle faisait partie des livres de VioUet Le Duc. C'est sur un « bon exemplaire », relié en veau granité, qu'il rédige la notice consacrée à Jean de Lingendes dans sa Bibliothèque Poétique^ parue en 1843 ; et le même volume assurément, qu'entre temps il a fait habiller de maroquin rouge par Niedrée, figure sous le n» 389 au Catalogue de sa vente, qui eut lieu le lundi 5 novembre 1849 et jours suivants.
Ce qui, faute de mieux, représentera pour nous cette première édition est un volume composite que M. Paul Blanchemain tient de son père, M. Prosper Blanchemain. Il provenait de la vente Méon. Voici de quels éléments hétéroclites il a été formé : 1° — Le titre-frontispice.
Le titre du poëme, tel qu'il est transcrit à l'article O, y compris les noms de la dédicataire et de l'auteur, remplit un cartouche oblong au centre d'un massif architectural. Sur la gauche se dresse un berger Philène, sur la droite une bergère Iris, tous deux d'assez rustique tournure. Deux Amours, juchés sur une corniche, font pleuvoir, l'un des flammes sur la tête de Philène, l'autre des cœurs sur la tête d'Iris. La date 1605 se lit sur le plan horizontal où posent les pieds d'Iris. Une double : console porte, sur le saillant de gauche, la mention A'vec prinjUege 1 du Roy^ sur le saillant de droite, la signature L. Gaultier sculp.\
dans le rentrant du milieu s'appuie un médaillon ovale qui donne le nom et l'adresse du libraire.
Prosper Blanchemain, dans une note jointe au volume, dit : «J'ai ajouté le titre gravé de l'édition originale (1605)... » Il ne nous fait pas connaître où il l'a pris.
Ce même frontispice a été reproduit dans le Bulletin de la Société d'Émulation du Bourbonnais^ année 1898. Il illustre une bibliographie très sommaire de Jean de Lingendes par M. Roger de Quirielle. Si l'on interprétait les termes dont se sert M. de Quirielle, il semblerait que, cette fois, la provenance est l'exemplaire Viollet Le Duc.
2^ — La page de titre de l'édition de 1623 (F),
3° — Deux Dédicaces, pour une. Une dédicace à la Reine Marguerite, et la dédicace connue à la Princesse de Conti ; la seconde n'est qu'un remaniement de la première. Dans la note dont nous venons de parler, Prosper Blanchemain ne nous donne non plus nul renseignement sur l'origine du document qu'il nous a conservé.
Comment donc doit-on expliquer ce fait extraordinaire de l'existence d'une double dédicace ? Deux hypothèses sont possibles. Ou bien l'hommage à Marguerite faisait partie d'une édition antérieure à celle que nous tenons pour l'originale. Mais il n'y a nulle part la moindre allusion qui puisse nous faire soupçonner rien de semblable. Nous savons que dans l'été de 1604, De Lingendes avait tout juste mis la dernière main à son oeuvre. On ne peut croire à deux tirages en 1605 î ^^ privilège accordé à Toussaint du Bray, pour dix ans, est du T5 octobre, et le frontispice gravé par Léonard Gaultier est au nom de la princesse de Conti et à la date de 1605. — Ou bien, la Reine, à qui De Lingendes avait songé d'abord à dédier ses vers, a-t-elle, pour une raison ou pour une autre, refusé d'en accepter l'offrande } Et le poète s'cst-il trouvé dans la nécessité de s'adresser à une autre protectrice, moins haut placée, mais peut-être plus libérale, en tout cas plus accueillante ? Mais ce premier feuillet était déjà imprimé : un hasard peu commun l'a fait échapper ici à la destruction. En tout cas, seule, l'Epitrc à Louise de Lorraine, princesse de Conti, a pu figurer à la suite du frontispice de Léonard Gaultier placé sous la même invocation. — Cette seconde hypothèse semble donc de beaucoup la ])lus plausible.