‹ Œuvres poétiques: Pernette; le livre d'un pèreChapitre 87 sur 117 · LE PETIT SOLDAT. 2}Ç · texte numérisé non relu

LE PETIT SOLDAT. 2}Ç

En luttant contre le vainqueur, Peut-être aussi, d'une voix fière, Vous parlerez à votre cœur Avec les vers de votre père.

Tous accourus pour ce grand jour, Tous unis d'une même étreinte, Nous serons là... si pleins d'amour Que nul n'aura connu la crainte.

Puis, quand tout sera consommé.

Heureux du coup qui nous rassemble Vers Dieii, vers l'aïeul bien -aimé.

Nous remonterons tous ensemble.

Novembre 1873.

Changeons^ pour ces deux mois, de livres et de maîtres. Que l'encre et le papier se reposent un peu.

Loin de ces sombres murs^ sous les pins et les hêtres, Étudions ensemble à l'école de Dieu.

Nous reviendrons pâlir sur les œuvres de Fhomme ; La classe aujourd'hui s'ouvre à travers les buissons. Après les hauts penseurs de la Grèce et de Rome, Les oiseaux des forêts nous offrent leurs leçons.

Vous le savez, amis, leur sagesse est bien douce ; Elle entre au fond du cœur avec l'air embaumé. Nous lirons sans effort, dans l'herbe et dans la mousse, Le poème éternel sur ce globe imprimé.

A cette heureuse école on apprend mille choses ; Le disciple endormi s'y retrouve, au réveil, Savant comme le chêne et frais comme les roses, Rien qu'en ouvrant son âme aux rayons du soleil.

On s'instruit dans les champs, rien qu'à s'y laisser vivre, Rien qu'à n'y pas fermer obstinément les yeux. Rien qu'à toucher du doigt les feuillets de ce livre, En écoutant le maître avec le cœur j'oyeux.

Ce maître, c'est le père ! il vient, heureux et tendre, Aux portes du collège il attendait son jour; Il amassait pour vous, brûlant de le répandre, Le plus grand des savoirs et le plus pur : l'amour.

Il donne une leçon chaque fois qu'il caresse,

Qu'il vous cueille une fleur, qu'il vous montre les cieux,

Qu'avec le souvenir de leur sainte vieillesse^

Il vous transmet, enfants, les baisers des aïeux.

La science est l'écho de leurs âmes bénies, Le fruit de leurs conseils pratiqués tant de fois ; Et vous l'entendrez mieux mêlée aux harmonies Qu'ajoute à nos discours le murmure des bois.

Baignés de la fraîcheur des splendides aurores, Vous conduirez l'étude à la cime des monts Où la lumière en nous filtre par tous les pores. Où l'arôme des pins se boit à pleins poumons.

Car l'esprit ne vit pas du maigre pain des livres; Il se nourrit encor de soleil, de grand air

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