I. tMimire. a. Neuns. (IfoU Je l'Édil
ia6 IDYLLES.
Parcourait ses cheveux, son visage, son sân;
Et sa main quelquefois, aimable et caressante.
Feignait de châtier mon enfance imprudente.
Cest devant ses amans, auprès d'elle confus.
Que la fière Beauté me caressait le plus.
Que de fois (mais, hélas! que sent-on à cet âge?)
Les baisers de sa bouche ont pressé mon visage!
Et les bergers disaient, me voyant triomphant:
« O que de biens perdus! ô trop heurei^^n&nt! »
ToUJOUBs ce souvenir m'attendrit et me touche. Quand lui-même, appliquant la flûte sur ma bouche, Biant, et m'asseyant sur lui, près de son cœur. M'appelait son rival et déjà son vainqueur.
Il feçonnait ma lèvre inhabile et peu sûre A souffler une haleine harmonieuse et pure; Et ses savantes mains, prenant mes jeunes doigts. Les levaient, les haissaient,;«commençaient vingt fois, Leur enseignant ainsi, quoique bibles encore, A fermer tour à tour les trous du buis sonore.
(IMrrÉ DE PLA.T0N.)
La. reposait l'Amour; et snr sa joue eo fleur D'une pomme brillante éclatait la couleur.
Je vis, dès que j'entrai sous cet épais bocage.
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IDYLLES. lag
Son arc et sou carquois suspendus au feuillage. Sur des monceaux de rose, au calice embaumé, Il dormait. Xin souris sur sa bouche forme L'eutr'ouvrait mollement; et de jeunes abeilles Venaient cueillir le mtel de ses lèvres vermeilles.
J'apprekds, pour disputer un prix si glorieux.
Le bel art d'Erycbton ' , mortel prodigieux ,
Qui sur l'herbe glissante, en longs anneaux mobiles,
Jadis homme et serpent , traînait ses pieds agiles.
Élevé sur un axe, Érychton le premier
Aux liens du timon attacha le coursier,
£t, vainqueur, près des mers, sur les sables arides, -
Fit voler à grand bruit les quadriges rapides*.
Le Lapithe hardi , dans ses jeux turbulens ,
Le premier des coursiers osa presser les flaocs.
Sous lui, dans un long cercle achevant leur carrière,
Ils surent aux liens livrer leur tête altière,
Blanchir un frein decume, et, légers, bondissans.
Agiter, mesurer leurs pas retenlissans.
. Pib de Vult^ia et de la Terre. ( Note de l'Éditeur. ) L' i^iiDiu Eri^ilhoiiliu cditus et qiuliior ansu
Jnngcre cqnos , elc.
( lioïc rie r Éditeur. )
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Je sais, quand le midi leur fait désirer Tombre, Entrer k pas muets sous le roc frais et sombre, D'où, parmi le cresson et l'humide gravier, La Naïade se fraie un oblique sentier.
Là, j'épie à loisir la Nymphe blanche et nue, Sur un banc de gazon mollement étendue, Qui dort, et sur sa main, au murmure des eaux, laisse tomber son front couronné de roseaux.
Td gémis sur l'Ida ", mourante, éche^ée, O Reine ! & de M inos épouse désolée!
Heureuse si jamais, dans ses riches travaux , Cérès n'eût pour le joug élevé des troupeaux'! Tu voles épier sous quelle yeuse obscure, Tranquille, il rumiqait son antique pâture; Quel lit de fleurs reçut ses membres nonchalans; Quelle onde a ranimé Talbâtre de ses flancs:
O Nymphes, entourez, fermez. Nymphes de Crète,
. Ida; ninntagne de Crète. {Note de rÉrUtenr.) El fortuitalam , al naDirtum «nnenta fuÎHmt ,
[Note de l'Éditeur.')
IDYLLES. i3r
De ces vallons fermez, entourez la retraite!
Oh ! craignez que vers lui des vestiges épars Ne viennent à guider ses pas et ses regards!
Insensée, à travers ronces, forêts, montagnes, Elle court. O fureur! dans les vertes campagnes. Une belle génisse à son superbe amant Adressait devant elle un doux mugissement:
La pei^de mourra ; Jupiter la demande.
Elle-même à son front attache la guirlande.
L'entraîne, et, sur l'autel prenant le fer vengeur ; « Sois belle maintenant , et plais à mon vainqueur ! » Elle iirappe; et sa haine, à la flamme lustrale, Rit de voir palpiter le cœur de sa rivale.
AccouBS, jeune Chromis : je t'aime et je suis belle, Blanche comme Diane, et t^ère comme elle; Comme elle grande et fière; et les bergers, le soir. Lorsque, les yeux baissés, je passv sans les voir, Doutent si je ne suis qu'une simple mortelle , £t, me suivantdes yeux, disent: « Comme elle est belle! '< Néère! ne va point te confier aux flots, " De peur d'être déesse; et que les matelots « N'invoquent au milieu de la tourmente amère « I>a blanche Galathée et la blanche Néère. »
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(IHITi DES SAIS0S5 DE THOHSON.)
An! prends ua cœur humain, Laboureur trop avide^ Lorsque d'un pas tremblant l'Indigence timide De tes larges moissons vient, le regard confus, Recueillir après toi tes restes superflus.
SoiivîeDs-toi que Cybèle est la mère commune ; Laisse la Probité, que trahit la Fortune, Comme l'oiseau du Ciel , se nourrir à tes pieds De quelques grains «pars sur la terre oubliés.