‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 41 sur 99 · I. lUade, Ut.V. [Ifotede l'Éditeur.i · texte numérisé non relu

I. lUade, Ut.V. [Ifotede l'Éditeur.i

Œamt poithnmM.

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A H. DE PANGE L'AINË.

QuuiD la femlle en festons a cooroDoé les bob, L'amoureux rossignol n'étouHe point sa voix.

Il serait criminel aux ^ux de la Nature Si, de ses dons heureax négligeant la cukare, Sur son triste ram«au muet dans ses amours, Il laissait sans chanter expirer les beaux jours. Et toi, rebelle aux dons d'une si tendre mère. Dégoûté de poursuivre une Muse étrangère, Dont tu choisis la cour, trop bruyante pour toi, Tu t'es fait du silence une coupable loi !

Tu naquis rossignol. Pourquoi, loin du bocage, Où des jeunes rosiers le balsamique ombrage Eût redit tes doux sons, sans murmure écoutés, T'ai allais-tu chercher la Muse des cités?

Cette Muse, d'éclat, de pourpre environnée, Qui , le glaive à la main , du diadème ornée , Vient au peuple assemblé, d'une dolente voix, Pleurer les grands malheurs, les empires, les rois? Que n'étais-tu fidèle à ces Muses tranquilles Qui cherchent la fraîdieur des rustiques asiles. Le front ceint de lilas et de jasmins nouveaux.

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ELEGIËfi. i63

Et voot sur leurs attraits consulter les ruisseaux ? Viens dire à leurs concerts la beauté qui te bràle. Amoureux , avec l'âme et la voix de Tibulle , Fuirais-tu les hameaux, ce séjour eochaoté Qui rend plus séduisant l'éclat de la beauté? L'Amour aime les chants; et les champs l'ontvu naître : La fille d'un pasteur, une vi^-ge chan^p^tre. Dans le fond d'une ro&e, un matin du priatems.

Le trouva nouveau-né

Le sommeil entr'ouvrait ses lèvres ooloiiées.

Elle saisit le bout de ses ailes dorées,

L'ôta de s<hi berceau d'une timide maiu >

Tout trempé de rosée, «t le ifçit dans son sein.

Tout, mais surtout Les diaa^ sont restés apn^mpice.

Là, tout aime, tout plaît, tout jouit, tout soupire;

Là, de plu# heaux soleils dorent i'asur de».cieux;

Là, les prés, les gazons., les Ixhs harmonieux;

De mobiles ruisseaux la colline animée;

L'âme de mille fleurs dans ks .Kephûrs semée.

Là , parmi les oiseaux t'Amour vi^t # ippsfir;

Là, sous les antres frais habite le Baiser.

Les Muses et l'Amour ont les mêmes retraites.

L'astre c[ui fait aimer est l'astre des poètes.

Bois , Écho , frais Z^hirg, Dieux champêtres et doux!

Le génie et les vers se .plaisent parmi vous:

Tai choisi parmi vous ma Muse jeupe et chère;

Et, bien qu'«atre ses sœurs elle soit ta dernière.

Elle plaît Mes amist vos yeux en sont ténuHns :

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i64 ÉLÉGIES.

Et puis une plus belle eût voulu plus de soins. Délicate et craintive, un rien la décourage; Un rien sait l'animer. Curieuse et volage, Elle va parcourant tous les objets flatteurs , Sans se fixer jatnaîs; non plus que sur les fleurs Les Zépbtrs vagabonds, doux rivaiix des abeilles, Ou le baiser ravi sur des lèvres vermeilles.

Une source brillante, un buisson qui fleurit: Tout amuse ses yeux; elle pleure, elle rit.

Tantôt, à pas rêveurs, mélancolique et lente. Elle erre avec une onde et pure et languissante; Tantôt elle va, vient, d'un pas léger et sûr; Poursuit le papillon brillant d'or et d'azur. Ou l'agile écureuil; ou, dans un nid timide.

Sur un oiseau surpris pose une main rapide.

Quelquefois, gravissant la mousse du rocher, Dans une touffe épaisse elle va se cacher , Et saos bruit épier, sur la grotte pendante.

Ce que dira le Faune à la Nymphe imprudente , Qui, dans cet antre sourd, et des Faunes ami, Refusait de le suivre , et pourtant l'a suivi. Souvent même, écoutant de plus hardis caprices. Elle ose regarder au fond des précipices, Oîi sur le roc mugit le torrent effréné , Du droit sommet d'un mont tout-à-coup déchaîné. Elle aime aussi chanter à la moisson nouvelle. Suivre les moissonneurs, et lier la javelle.

L'Automne aufront vermeil, ceint de pampres nouveaux,

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ELEGIES. i65

Parmi les vendangeurs l'égaré en des coteaux : Elle cueille la grappe, ou blanche, ou purpurine ; Le doux jus des raisins teint sa bouche enfantine; Ou, s'ils pressent leurs yïi^s, elle accourt pour les voir; Et son bras avec eux fait couler le pressoir.

Viens,viens,mon jeune ami; viens,nosMuses t'attendent! Nos fêtes, DQS banquets, nos courses te demandent; Viens voir, ensemble , et l'antre, et l'onde , et les forêts. Chaque soir une table, aux suaves apprêts, Assiéra près de nous dos belles adorées ; Ou, cherchant dans les bois des IS^ymphes égarées, Nous entendrons les ris, les chansons, les festins; £t les verres emplis sous les bosquets lointains Viendront animer Tair, et, du sein d'une treille, De leur voix ai^ntine égayer notre oreille.

Mais, si, toujours ingrat à ces charmantes soeurs. Ton frQnt rejette encor leurs couronnes de fleurs; Si de leurs soins pressons la douce impatience N'obtient que d'un refus la dédaigneuse offense, Qu'à ton tour la Beauté dont les yeux t'ont soumis Refuse à tes soupirs ce qu'elle t'a promis; Qu'un rival loin de toi de ses charmes dispose; Et, quand tu lui viendras présenter une rose, Que l'ingrate , étonnée en recevant ce don, Ne t'ait vu de sa vie, et demande ton nom !

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Ab I portons dans tes bois ma triste mqaiétude. O Gimilte r rAmoor aime ta sotitude.

Ce qui n'est point Camille est un ainui pour nioî. Là, seol, celui qui t'aime est encore avec toi. Que dis-je? Ah! seul, et loin d'une ingrate chérie, Mon oeeur sait se trompet : l'espoir , ta rèrerie , La belle itlueioo, la reudeùt à mes faa, Mais seDsibte, mais tendre, et comme je la veux : De ses reâiB d'apprêt oubliant l'artifice, Indulgente à l'amour, sans fierté, sans caprice, De son sexi cruel n'ayant que les appas.

Je la feins quelquefois attachée à mes pas :

Je r^gart et l'entraîne en des routes secrètes. Absente, je la tiens «n des grottes muettes... Mais présente, à ses pieds m'attendent les rigueurs, Et, pow les songea Tains , de réelles douleurs. Camille est un besoin dont rien ne me soulage; Rien à mes yeux n'est beau que de sa seule image. Près d'elle, tout, comme elle, est touchant, gracieux; Tout est aimable et doux, et moins doux que ses yeux.

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Sur l'herbe, sur la soie, au village, à la ville. Partout, reine ou bergère, elle est toujours Camille; Et moi toujours l'amaot trop prompt à s'enflanuoer, Qu'elle outrage, qui l'aime, et veut toujours l'aimer.

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