‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 62 sur 99 · Matireue de Tibullc. {Note de l'Éditeur · texte numérisé non relu

Matireue de Tibullc. {Note de l'Éditeur

ELEGIES. 2a(

Je lui dois des plaisirs : j'ai vu plus d'une belle, A mes acceos émue, accuser l'iuQdèle , Qui me disait pleurer, et dont j'étais trahi; Et souhaiter l'amour de qui le sent ainsi.

Mais, Dieux! que de plaisir,quand, muette, immobile, Mes chants font soupirer ma naïve Camille!

Quand mon vers, tour à tour,humble,doux,outrageant, Éveille sur sa bouche un sourire indulgent!

. Quaad, ma voix altérée enflammant son visage , Son baiser vole, et vient l'arrêter au passage! Oh! je ne quitte plus ces bosquets enchanteurs Où rêva mon Tibulle aux soupirs séducteurs ; Où le feuillage encor dit Corinne charmante ' ; Où Cinthie' est écrite en l'écorce odorante; Où les sentiers français ne me conduisaient pas ; Où mes pas de T^ Brun ont rencontré les pas.

Ainsi, que mes écrits, enfans de ma jeunesse, Soient un code d'amour, de plaisir, de tendresse; Que partout de Vénus ils dispersent les traits ; Que ma voix, que mon âme y vivent à jamais; Qu'une jeune heauté, sur la plume et la soie Attendant le mortel qui fait toute sa joie, S'amuse à mes chansons, y médite à loisir

t. Beauté célèbre dans les écrits d'Ovide et l'uue des maîtresses de ce poète. Quelques auteurs prétendent que, sous le Dom de Corinne, Ovide a voulu chanter Julie, fille d'Auguste. (Note de l'Êd.)

». Cinthie, maltresse de Properce. (Idem.)

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Les baisers dont bientôt elle veut l'accueillir. Qu'à bien aimer tous deux mes chansoas les excitent ; Qu'ilss'adressentniesvers,qu'ensembteits les récitent; Lassés de leurs plaisirs , qu'au feu de mes pinceaux Ils s'animent encore à des plaisirs nouveaux. Qu'au matin sur sa couche, à me lire empressée, Lise du cloître austère éloigne sa pensée; Chaque bruit qu'elle entend, que sa tremblante main Me glisse dans ses draps et tout près de son sein. Qu'un jeune homme, agité d'une flamme inconnue, S'écrie, aux doux tableaux de ma muse ingénue: Ce poète amoureux, qui me connaît si bien, « Quand il a peint son cœur, avait lu dans le mien ! «

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